jeudi, 03 août 2006
Salauds de pauvres, en plus on les voit !
Ce matin, en écoutant la radio, j'ai enfin compris où étaient les choses vraiment importantes dans notre riche pays.
Il était question des tentes distribuées par Médecins du Monde aux SDF. Eh bien ces tentes, aux dires du journaliste, "sédentarisaient les SDF" -admirez l'oxymore -.
Il était quasiment en train de traîner dans la boue le réprésentant de MDM, Graziella Jenesaisquoi. Cette femme, dont le prénom ma rappela illico un mauvais bouquin de Lamartine (quel gnangnan celui-là) avait toutes les peines du monde à expliquer à un présentateur particulièrement bouché - ou particulièrement orienté bien-pensance - que ce n'étaient pas les tentes qui avaient créé l'état de SDF mais que c'était l'abandon des pauvres par la société qui avait conduit MDM à leur fournir un abri.
Il ressortait des propos de ce minus habens du micro, probablement bien logé, que ce qui était gênant, ce n'était pas les pauvres eux-mêmes mais qu'ils soient visibles. A court d'arguments, il alla jusqu'à parler de trafic de stupéfiants et de prostitution dont MDM serait indirectement responsable.
Ce pauvre imbécile avait l'air persuadé que le SDF moyen pouvait impunément transformer sa tente en claque et vivre de pain de fesses tandis que d'autres se gobergeraient du fruit d'un trafic de drogue plus lucratif que le RMI.
On aura tous compris, à la lumière de cette émission, qu'une fois de plus on confond la lutte contre la pauvreté avec la chasse aux pauvres.
On nous rebat les oreilles, dès que les élections approchent ou que le climat se fait dur, avec "ces SDF qui refusent d'aller dans les abris", cerains prétendent même "qu'ils sont trop désocialisés pour sortir de leur état de vagabondage".
Il semblerait que ces bonnes âmes aient oublié que les fameux abris sont des asiles desquels sont virés les SDF dès potron-minet et qu'ils devront en trouver un autre le soir. Et qu'ils y seront bienvenus à condition de laisser leur compagnon, leur femme ou leur chien à la porte.
Ils ont de la chance, finalement, ils se complaisent dans un état où on les force à rester.
Nos gouvernants, notre Etat, nos associations, si prompts à tirer la ficelle de "la morale" pour nous tirer une larme et quelques picaillons pour "venir en aide aux plus déshérités" sont, assez étrangement, muets devant la rapacité de bailleurs qui ont une fâcheuse tendance à trouver qu'il y a de moins en moins de bons locataires sans remarquer le fossé grandissant entre les revenus et les loyers. Les premiers suivant au mieux l'inflation tandis que les seconds augmentent 4 fois plus vite que l'inflation...
10:06 | Commentaires (6)

