lundi, 04 mai 2026
Elle cache son sein et le pont s’affaisse…
Bon, en même temps c’est lundi mais j’ai un peu honte quand même…
Ce matin, comme tous les matins, je me suis levé.
D’abord, comme chaque matin pour faire pipi.
La lumière de mes jours, passée l’instant d’avant, avait poussé, un peu trop brièvement, le poussoir de la chasse d’eau, bilan le petit bout de papier est resté à un endroit où l’eau n’était pas allée.
« Bon sang ! Quel récit palpitant tu nous commences là, le Goût ! »
Ne désespérez pas, lectrices et lecteurs chéris, cette brève introduction pour vous dire que ce petit bout de papier, qu’il m’a fallu pousser, m’a rappelé un évènement encore plus palpitant éclairci par cette image…
Si vous me lisez depuis quelque temps, disons vingt ans, vous savez sûrement que jusqu’à l’adolescence, j’ai vécu dans un quartier qui tenait de Beyrouth ces derniers temps alors que la guerre était finie depuis une douzaine d’années.
Nous vivions, mes parents, mes trois sœurs et moi au quatrième étage dans un petit appartement où les toilettes étaient à mi-étage, toilettes que nous partagions avec les trois appartements du troisième étage.
Évidemment, sur les six familles qui vivaient dans ces deux étages, deux, dont la mienne étaient riches de quatre enfants.
Ce qui créait des querelles car chacun sait que ce sont les gamins des autres qui sont insupportables et font des bêtises.
Un dimanche après-midi, le drame se noua qui n’avait rien d’étonnant car à la fin des années cinquante, le journal était le seul papier hygiénique du quartier et les enfants ne regardaient pas à la dépense en la matière.
Les toilettes se trouvèrent bouchées.
L’alerte fut sonnée dans les étages et nous retrouvâmes, enfants, pères, mères et autres habitants à contempler les toilettes bouchées et près de déborder dans l’escalier…
Les uns y mirent un peu de lessive, d’autres un peu de javel, les maris contemplèrent l’absence de résultat avec inquiétude, chacun sentant poindre une solution désagréable.
C’est là que je reconnus mon père, ce héros au sourire si doux.
Il regarda la foule inquiète d’un regard farouche et, se rappelant son passé de guerrier encore récent, dit d’une voix assurée de mâle sûr de sa force « Bon, tant pis, je vais y mettre le bras ! »
Un soupir de soulagement parcourut le rang des autres maris tandis que ma mère lui cria « Non mais ça va pas, Lemmy ? C’est sale et plein de produits ! »
Mon père regarda la foule, plus hésitant…
Un grand « Sshhhllouffff » se fit alors entendre, les produits divers ayant rongé le papier et pas la main de mon père.
Tout le monde fit « Ouuufff ! » tandis que les toilettes à la turque se vidaient et n’avaient jamais été aussi propres depuis longtemps.
Mes parents furent soulagés, les voisins aussi.
Voilà ce que m’a rappelé ce petit morceau de PQ impeccable dans une cuvette impeccable elle aussi…
14:26 | Commentaires (9)



Commentaires
Les WC avaient de la personnalité dans le temps d"avant. Aujourd'hui, je ne pourrais pas !!
Écrit par : Nina | lundi, 04 mai 2026
Répondre à ce commentaireEn plus, si je me souviens bien, tu ne pouvais tirer la chasse que les pieds sur la cuvette, tu finissais avec les pieds trempés...
Écrit par : le-gout-des-autres | lundi, 04 mai 2026
Et les WC à la campagne ? Cela avait de la classe aussi !
Écrit par : Nina | lundi, 04 mai 2026
Répondre à ce commentaireEn plus dans ce type de WC, même avant de tirer la chasse d’eau, je me souviens que mes pieds étaient souvent éclaboussés…
Écrit par : Fabie | lundi, 04 mai 2026
Répondre à ce commentaireD'abord j'ai ri en lisant le titre, je sais, je suis bon public... Pour le reste, cela m'a rappelé les vacances que nous passions à Bouznika (Maroc) dans le cabanon que mon grand-père avait construit sur la dune et où toute la famille se réunissait l'été. La douche et les toilettes à la turc ne faisaient qu'un et, petite fille, je détestais y aller... Heureusement, il y avait un tuyau d'arrosage dehors avec lequel nous pouvions nous rincer de nos bains de mer.
Écrit par : Myrte | mardi, 05 mai 2026
Répondre à ce commentaireTu arrives à être émouvant avec n'importe quel sujet, c'est fou...
Quel homme ton père ! Un vrai héros de tragédie en effet. ;-)
•.¸¸.•*`*•.¸¸☆
Écrit par : Célestine | mercredi, 06 mai 2026
Répondre à ce commentaireEvidement le titre interpelle et fait mouche comme celles que l'on trouve dans les toilettes bouchées. Ton père n'eut pas le dégout d'y mettre le bras pour arriver à bout de cette déconvenue ....Comme au camping , on paie de sa personne.
Écrit par : jerry OX | mercredi, 06 mai 2026
Répondre à ce commentaireMoi, mon père...il était...plombier !
Autant dire un "héros du quotidien" !!! ;-)
En tout cas, très drôle ton papier...
euh...je voulais dire ton billet...
Écrit par : La Licorne | vendredi, 08 mai 2026
Répondre à ce commentaireLes toilettes de la discorde. Il se trouve que sur le futur lieu de nos expressions artistiques il existe des toilettes dites à la Turque. J'ai cherché à étudier la chose et découvert qu'en réalité ce sont des toilettes belges. J'avais déjà l'idée qu'elles étaient plus physiologiques, mais il s'avère qu'elles sont également plus hygiéniques et plus écologiques. J'ai signifié à mon bûcheron mon désir de les conserver, il ne se fait pas à l'idée de devoir se soulager dans cette indigne posture, sans doute en réaction à celles qu'il a dû supporter dans son enfance. Il faut juste trouver une solution pour que les pieds ne soient pas trempés. Votre père ce héros !
Écrit par : Névrosia | lundi, 22 juin 2026
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