mardi, 31 mars 2026
Il y du « Censure les murs » et pas que...
Ouais, bon, je sais…
Samedi, Heure-Bleue et moi sommes allés traîné dans le plus vieux quartier chinois de Paris.
Non, ce n’est pas le XIIIème arrondissement, c’est le IIIème arrondissement qui vit arriver en 1920 les Chinois fuyant la Chine qui hésitait entre empire et république en allant à la « chasse aux pas d’accord » et dont 140.000 furent enrôlés dès 1914.
Cette immigration, venue de Wenzhou, les « wench », est restée célèbre par les maroquiniers du rectangle des rues Beaubourg, Gravilliers, Temple et Réaumur.
Cette communauté donna donc naissance, nécessité fait loi, à une foule de petits restaurants dont certains, grâce à un talent commercial mais aussi culinaire éprouvés, devinrent un lieu qu’on se transmet de bouche de Parisien à bouche de Parisien en chuchotant histoire d’éviter ça :
C’est ainsi que nous nous sommes retrouvés chez « Happy Nouille » pour la seconde fois en une semaine.
C’est cette dernière fois que nous avons constaté que les Chinois sont très forts.
Non seulement ils se sont plantés sur notre plat mais nous l’ont à peine arrangé en y adjoignant un bol avec le bouillon qui était en trop dans notre commande mais en sortant nous ont donné une leçon de morale sur la nécessité de bien comprendre ce que nous commandions.
J’ai craint un instant qu’on me facture les cinq minutes de bidouillage de plat erroné.
Crainte superflue, on nous attend pour un prochain déjeuner sans erreur.
Erreur de notre part évidemment…
Ce fut néanmoins un déjeuner délicieux, un poil trop épicé.
C’est ce qui m’a éclairé sur les progrès fulgurants de la « RPC » dans le domaine spatial.
J’ai soudain compris qu’ils remplissaient les réservoirs de leurs fusées avec la sauce de leurs « nouilles au porc haché » mélangée au bouillon de la soupe.
Rien que ça, vous gagnez une journée sur le voyage Terre-Lune qui dure normalement quatre jours…
Ce fut un délicieux après-midi agrémenté d’une longue visite de notre ancien quartier, celui où « l’Ours » a grandi…
Nous sommes sortis pour boire un café ailleurs et en passant devant le square du Temple, face à la mairie où nous nous sommes mariés il y a… bon ça va, nous avons eu l’attention attirée par quelques reproductions accrochées aux grilles du square.
Une nous a fait saisir la chance de vivre -pour quelque temps encore- dans une démocratie sociale, libérale et pas trop « cul serré ».
J’en veux pour preuve cette œuvre de Goya appelée « Censeur » par un Iranien qui trouve que frustrer les admirateurs de la duchesse d’Albe à coups de peinture noire était dommage.
Il est vrai que quand on voit le déroulement des trois versions de l’œuvre de Goya, on peut être légitimement inquiet de ce qui risque d’arriver si notre République devient un état théocratique.
07:00 | Commentaires (7)
dimanche, 15 mars 2026
La suppression de la pauvreté n’est pas sans risque...
Faut reconnaître à nozélites qu’ils sont très forts.
Une idée saugrenue pour trouver un prétexte plausible pour supprimer les subsides de quelqu’un qui manque de tout est venue de quelqu’un qui ne manque de rien sauf du pouvoir de mettre à exécution sa brillante idée.
Cet humaniste qui a réussi à diminuer de 25% le nombre de bénéficiaires du RSA de son département, mené par une conception étrange de l’aide publique, propose à mots à peine couverts une nouvelle idée d’aider son prochain dans la mouise.
Non en leur dégotant un emploi, si possible décemment rémunéré, mais en rendant le parcours d’accès au RSA proche du cauchemar administratif décrit par Kafka dans « Le Procès »…
Il y pointe par inadvertance une contradiction fondamentale dans le capitalisme:
D’une part assurer une productivité élevée et un salaire minimum pour augmenter les dividendes
D’autre part écouler la production en la vendant à des gens très peu payés pour assurer lesdits dividendes.
Une partie du problème fur résolue grâce à la mesure de la pauvreté :
Est pauvre celui qui gagne moins de la moitié du salaire médian.
Bilan, plus les salaires diminuent, plus le salaire médian baisse.
Plus le salaire médian baisse, moins il y a de pauvres.
Bientôt, le graal du capitalisme sera atteint.
Quand les salaires seront nuls, il n’y aura plus de pauvres.
Reste la question emmerdante et toujours pas résolue : Que deviendront les dividendes en l’absence de chiffre d’affaires ?
Ça va être la jungle entre « pas pauvres ».
Un monde sans pauvres est décidément trop féroce.
Bon, soyons honnête, je peux faire la même chose avec le communisme, où l’on se retrouverait avec une population argentée mais sans produits à acheter.
Il n’y a aucune raison de laisser aux seuls politiques le soin d’abuser des sophismes.
Continuons donc à donner les sous des contribuables aux banques pour rendre le monde plus facile à vivre...
Bref, comme toujours, on confond le combat contre la pauvreté avec la guerre aux pauvres.
11:18 | Commentaires (11)
vendredi, 06 mars 2026
Le mal dominant.
S’il ne s’agissait que de mes impôts, ça m’amuserait.
Hélas, une utilisation « décalée » de l’argent public montre que les choix de l’administration parisienne peuvent paraître au minimum stupides au pire cruels.
Mais qu’est-ce qui, en ces jours printaniers propices aux promenades dans les rues de Paris suscite cette réflexion amère ?
Eh bien, c’est un détail tout bête qui « saute aux yeux comme un pavé dans la gueule d’un flic » selon l’expression consacrée par des siècles de manifestations.
Il y a dans Paris intra-muros six mille cinq cent rues.
Une estimation dite « au pif » me dit qu’il doit bien y avoir cinq fois plus de croisements que de voies.
Chaque croisement implique huit plaques de rue de tôle émaillée prévues pour rester lisibles après des siècles d’intempéries.
Quelques images saisies dans un rayon minuscule près de « mon lycée » vous le montreront.
Ainsi, à l’époque bénie où j’usais mes pantalons sur les bancs de la, les rues dont je vous parle s’appelaient respectivement « Rue Rochechouart », « Rue de La Tour d’Auvergne » et « Rue Rodier ».
Ces rues sont devenues pour des raisons qui me restent obscures « Rue Marguerite de Rochechouart » et « Rue Louise-Emilie de la Tour d’Auvergne » et « Rue Claude Rodier ».
Pourquoi adjoindre au personnage un prénom qui n’intéressait que lui et ses parents ? Ce qui m’agace en réalité, c’est qu’il peut en coûter jusqu’à cinq cents €uros, main d’œuvre incluse, pour changer une plaque et qu’il y en a huit par croisement tandis qu’on regarde de travers celui qui, faute de logement, dort sur un banc dans une de ces rues.
Un calcul « au doigt mouillé » me dit que plus de deux cent cinquante mille plaques de rues à cinq cents €uros soit plus de cent-vingt-cinq millions d’€uros seraient consacrés à ce travail inutile.
Cette somme permettrait, au choix d’embaucher et payer pendant vingt ans près de trois mille profs ou réparer les lycées et écoles parisiens.
C’est ce que je me suis demandé en revenant de promenade.
10:12 | Commentaires (11)









