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lundi, 27 mars 2017

Les ans chers remontent…

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Je vais puer la clope…
C’est mieux qu’empester l’alcool mais ce n’est quand même pas terrible…
Elle m’avait pourtant dit « Demain, devant le Wepler à deux heures. D’accord ? »
Puis elle m’a dit « Au revoir » et déposé un léger baiser sur la joue.
Pas plus.
J’ai retenu un soupir de déception…
C’est déjà la quatrième cigarette et je l’attends toujours.
C’était la joue gauche, je me le rappelle bien.
Le côté gauche, c’est le côté où je vois bien.
Elle s’était mise à ma gauche dès que nous sommes sortis du jardin où je l’avais rencontrée.
Elle devait savoir que je préférais bouger peu la tête pour la regarder plutôt que m’arrêter et me tourner.
Si elle s’était mise à ma droite, j’eusse perdu tant de temps à me tourner pour la voir que la moitié de mon plaisir en eût été gâchée.
En attendant je suis entrain de chercher dans mes poches.
Mais quelle poche bon dieu !
Je cherche ce foutu « Cricket » pour allumer ma cinquième cigarette…
Et m… ! Plus de gaz…
Je regarde autour de moi, histoire de repérer un fumeur.
« Vous voulez du feu ? »
Elle était arrivée du côté droit et riait, je ne l’avais pas vue…
«  Vous sentez la cigarette, vous êtes mal peigné et vous avez plein de cendres sur le plastron… »
Cette histoire était mal partie.
Elle a tourné la tête et m’a regardé.
« Mais ça va quand même… On va au cinéma ? »

dimanche, 26 mars 2017

Récré à deux…

Quand je vous disais que la mécanique se déglingue…
Il y a quelque temps, la lumière de mes jours et moi, en bons piocheurs de trou de la Sécu, sommes allés chez le médecin.
Nous allons à peu près bien.
Bien sûr, Heure-Bleue a toujours un petit quelque chose mais elle enterrera le prince Georges.
Evidemment je me plains beaucoup mais essentiellement de mes problèmes de genou droit et de souffle anémique.
Néanmoins, notre Hippocrate a décelé chez nous un bouchon dans une ou l’autre oreille.
Il nous a prescrit un produit miracle censé le dissoudre dans l’heure.
L’heure dure depuis un ou deux mois et le flacon est posé sagement près de l’ordinateur de la lumière de mes jours.
Depuis quelque temps, une sorte de calme se fait jour dans notre couple habituellement agité par des chamailleries diverses.
Ça a beau être le cas depuis des décennies, nous ne nous y sommes jamais habitués et nous trouvions sans cesse de nouvelles raisons d’entamer une querelle.
Nous nous promenions hier, Heure-Bleue marchant d’un pas presque léger et moi ployant sous le poids des courses.
Nous nous sommes arrêtés sur une petite place de la ville d’à côté et nous sommes assis à la terrasse d’un café.
Elle prit un « déca » et moi, dans la douceur trompeuse de cet après-midi de printemps, optai pour un diabolo fraise.
La lumière de mes jours me dit quelque chose.
Je la compris de travers et répondis à côté.
Elle ne comprit pas mieux.
Nous nous sommes néanmoins sentis bien.
Je crois avoir découvert le secret des couples qui vieillissent.
Ils s’entendent bien parce qu’ils entendent mal…

samedi, 25 mars 2017

Show effroi…

Je sais, Mab, je sais…
C’est ma note politique de l’année, ouais, va falloir voter.
Essayer de ne pas voter « contre » quelqu’un mais « pour » quelqu’un.
Et c’est pas gagné d’avance…
En traînant sur Facebook, célèbre amplificateur de dissensions et plus vecteur de rumeurs que « réseau social », j’ai été quelque peu effrayé.
On y parle évidemment de la campagne électorale et de la batterie de cuisine habituellement attachée aux basques des candidats.
Alors que je me contentais benoîtement de remarquer que certains, vu le nombre de casseroles, allaient avoir besoin de deux culs pour les attacher toutes, j’ai été surpris des réactions lues ici et là.
Surtout de la propension à oublier l’essentiel en matière de casseroles.
Les argumentations me laissent souvent rêveur.
Bon, en fait ce n’est pas un rêve mais un cauchemar.
Je ne me rappelle pas avoir appris que soutenir un candidat consistait essentiellement à agonir ses concurrents.
Ni à appeler au meurtre de celui ou celle qui a marqué un point contre celui qu’on soutient.
Je suis resté désarçonné par le fait qu’on évacue d’un geste négligent le parjure.
J’ai cru longtemps qu’on passait des décennies au service de l’Etat et de ses citoyens.
Qu’on était là pour servir et pas pour se servir.
Qu’on puisse vivre de l’argent du contribuable ne me choque pas.
Que grâce à ça on accumule un patrimoine est plus inquiétant mais après tout…
On est souvent logé par l’Etat, nourri par l’Etat, transporté par l’Etat, habillé par l’Etat, assuré par l’Etat.
Il est donc logique qu’étant de surcroît largement dédommagé par l’Etat pour le temps qu’on y consacre, on puisse se constituer un patrimoine conséquent.
Là où quelque chose ne va pas, c’est quand on profite de sa position pour augmenter des revenus déjà conséquents.
Quand on à tendance à confondre ce qui est légitime et ce qui est légal.
Quand on accepte des cadeaux d’une valeur telle qu’on sait que ce ne peut être sans contrepartie.
Quand on vit de cette façon, on a la pudeur d’éviter de remarquer que ceux qui ont peu ont trop et qu’il va leur falloir serrer une ceinture qu’ils ont du mal à se procurer.
Surtout, je suis scandalisé par le fait que l’on puisse se présenter comme un parangon de vertu et se parjurer avec tant de culot.
Les candidats ont tous leurs défauts.
Je ne parierais pas sur le fond démocrate de Méluche, sur le fond réaliste de Hamon, sur le fond humaniste de madame Le Pen.
Pas plus sur le réalisme ou le respect des libertés de madame Artaud ou de monsieur Poutou ou la possibilité de monsieur Macron d’oublier des réflexes de banquier.
Mais je dois dire que piétiner la Justice et ses magistrats quand on brigue le poste de premier magistrat de l’Etat et réclamer la confiance des électeurs alors qu’on se fait serrer en flagrant délit de mensonge et de parjure me laisse pantois.
Il semblerait que ses soutiens oublient le fond de l’affaire :
Monsieur Fillon est il coupable ou non de ce dont on l’accuse ?
A-t-il ou non « juré craché » qu’il retirerait sa candidature s’il était mis en examen ?
Suffit il de dire que « les autres sont irresponsables » pour justifier l’injustifiable ?
On peut être plus porté vers une politique qu’une autre.
Penser que c’est la soutenir qu’exterminer les concurrents et leurs soutiens est le bon chemin vers le totalitarisme.
Qui a dit que « la démocratie est l’organisation de la discorde » ?

jeudi, 23 mars 2017

Quand une main occulte obscurcit le jugement…

J’adore voir la lumière de mes jours se livrer à des calculs savants.
J’aime aussi l’entendre bafouiller.

Comme ce matin, par exemple.
Je sors de la salle de bains en montrant une chaussette avec au talon un trou grand comme celui de la Sécu.
- Il faut retourner chez C&A acheter des chaussettes, c’est moins cher…
- Je sais si c’est chéché et… m… ! Chez ch… J’arriverai jamais…
- Mais si, répète « c’est moins cher chez C et A ».
- C’est moins cherchéché… Et m… !
Inutile de tenter les « trois tortues qui trottaient sur trois toits très étroits ».
Encore moins « La marquise de Foncoutu dit au baron de Coutufon qu’il nest pas plus difficile daller de Foncoutu à Coutufon que de Coutufon à Foncoutu... »
Je sens l’échec cuisant.

Pour les calculs, c’est un peu pareil, lectrices chéries.
Je lui dis :
- Machin a quatre ans, son petit frère Truc à la moitié de son âge…
- Deux ans ! S’écrie-t-elle.
- Quand Machin aura cent ans, quel âge aura Truc ?
Sans réfléchir plus avant elle vous lance, un sourire victorieux aux lèvres :
- Cinquante ans !
- T’es sûre ?
- Mmlmlml… Que chuis bête ! Quatre-vingt-dix-huit ans !
Puis, un instant plus tard :
- Au moins, tu vois pourquoi je me suis mariée avec toi…
- ???
- Parce que je ne réfléchis pas…
En plus, la lumière de mes jours manie le zeugma avec une maestria confondante.
Mieux que moi qui viens de l’entendre dire à sa sœur et à l'instant « combien j’en ai vu arriver à la boutique, en chaussettes et en pleurant ! »

mercredi, 22 mars 2017

A la fac, sans m’embarquer j’ai fini sur Cythère.

De rien Mab

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Aujourd’hui nous sommes le 22 mars.
C’est un jour de commémoration pour nombre de personnes de ma génération.
C’est le jour où la gent estudiantine de l’Université de Paris s’est révoltée contre l’ordre établi.
C’est au cours de ce mois de mars que Mr Viansson-Ponté, rédacteur au Monde écrivait « La France s’ennuie ».
Ce qui prouve qu’on peut avoir fait ses études chez les Jésuites et manquer singulièrement de clairvoyance…
Un rouquin d’importation qui s’est calmé depuis avait lancé le mouvement.
En réalité, le motif en était extrêmement sérieux.
Le printemps se faisait jour et comme toujours suscitait ces mouvements hormonaux qui font le charme de la vie.
Las ! Les piaules des filles des « cités U » étaient interdites aux garçons et vice versa.
Une ségrégation sévère qui commençait en CP et ne finissait qu’à la fac poussait les unes et les autres à chercher des renseignements dans les parcs et jardins de Paris et ses environs.
La frustration croissant avec la longueur des journées, le besoin de voir de plus près ce qui se passait dans les piaules « d’en face » se fit tenace.
D’où l’idée de lancer un mouvement qui pouvait passer pour sérieux, genre « je lutte contre la guerre du Vietnam » ou « je défends la condition ouvrière ».
Ayant la chance d’habiter près de la fac de Jussieu, je n’étais soumis à l’interdiction que quand mes parents étaient à la maison.
C’était quand même chouette, le mari d’une blogueuse amie me parla, un jour de promenade, « des filles de Censier » avec une nuance de regret dans la voix.
Lui, c’était les brunes…
C’est à cette époque que je me suis demandé pourquoi les femmes se plaignaient d’être des « femme-objet ».
Moi qui ne demandais qu’à être un objet sexuel, je ne voyais pas du tout pourquoi elles s’en plaignaient.
Je l’ai su peu après, en allant visiter une usine de fabrication de bobinages pour la radio.
Accompagné alors par un type chargé de faire visiter l’usine pour montrer que l’industrie était un milieu séduisant, on m’a fait traverser un atelier où une cinquantaine de femmes bobinaient de petits fils sur de petits noyaux de ferrite.
Si vous saviez ce que j’ai entendu comme propositions graveleuses, lectrices chéries…
Quel enseignement m’a été proposé.
Si j’avais eu une complexion à rougir, j’aurais été écarlate d’un bout à l’autre de l’atelier.
C’est là que j’ai compris ce que pouvaient ressentir les femmes quand certains regards se posent sur elles.
L’impression d’être pris pour un godemiché avec une paire de godasses, un sex-toy qui marche sans pile, est finalement très désagréable…
Voilà ce que me dit ce 22 mars 2017…