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vendredi, 23 juillet 2021

91ème devoir de Lakevio du Gout

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Cette toile de Peter Mǿnk Mǿnsted, parfaitement de saison, me semble montrer une entreprise courante.
On dirait bien une invitation au bal, peut-être une demande en mariage.
Qu’en pensez-vous ?
Qu’en dites-vous ?
À lundi, si vous n’êtes pas sur une plage quelconque pleine d’eau, de sable, de monde et de cris.
Bref, là où il est impossible de penser à quoi que ce soit d’autre qu’à la chance qu’a eue Siméon le Stylite…

jeudi, 22 juillet 2021

Encore une histoire de bouchers et de veaux...

« Mais, Gabriel Attal, on a toutes les bourses qui dévissent ! » ai-je entendu, rconnaissant la voix de Carine Bécard sur France-Inter.
J’ai pensé « Oh ! Le pauvre garçon, si jeune ! »
Je venais d’allumer la radio et la dame s’adressait au porte-parole du gouvernement.
J’ai quand même trouvé bien agréable qu'on m'a donné de quoi rire dès le lever, fut-ce parce que j’ai « l’esprit mal tourné » comme disait ma grand’mère maternelle.
Ah ! Au fait ! Je ne vous ai pas dit !
Avant-hier soir, je suis allé chez le boucher, un boucher chez qui je vais rarement.
Je lui ai acheté deux grenadins de veau.
Hier midi, j’ai ouvert le réfrigérateur.
Alerté par une odeur déplaisante j’ai vérifié l’état de ce que j’y avais placé.
Après avoir eu confirmation de la lumière de mes jours, il apparut que les grenadins répandaient un parfum qu’on rencontre plutôt dans un charnier.
Agaçant, sans plus, me direz-vous à juste titre, lectrices chéries.
De fait, c’était agaçant et eût dû se régler en peu de mots.
J’ai téléphoné au boucher et lui ai exposé le problème.
Il se défaussa d’un « On n’est pas dans la marchandise, ça peut arriver, la chaleur, tout ça… On va vous les remplacer… »
Rien que de très normal donc.
« Sauf que » comme j’entends souvent, j’eus la surprise en allant à la boucherie.
Je tendis le paquet malodorant au boucher, manifestement mal disposé à l’idée de devoir laisser tomber l’idée de bénéfice.
Il ouvrit le paquet, le sentit, et secoua la tête.
« Il n’y a rien, ça ne sent rien ! » affirma-t-il avec l’aplomb de Giscard parlant de diamants.
Il a vu mon regard noir, jeté d’un seul œil, le gauche, et abandonna l’idée de négociation.
« Je vais vous en donner deux autres » dit-il à regret.
J’ai vu les tristes grenadins qui étaient là depuis la veille.
Dégoûté d’avance, je rectifiai « je vais plutôt prendre un petit poulet rôti… »
- Vous en aviez pour combien, des grenadins ?
- Un peu plus de sept €uros.
Il se tourna vers l’autre étal et cria à la préposée :
- Un petit poulet rôti !!! 
- Un comment ?
Cria-t-elle.
- Un petit, un ordinaire, hein !
Bref, ce boucher a, j’espère, prit soin de regarder mes talons car il m’a vu hier pour la dernière fois.
Je suis toujours scandalisé par le fait qu’il est quasiment impossible d’aller dans un « commerce de bouche » quelconque de façon anonyme sans qu’aussitôt on essaie de vous fourguer ce qui normalement devrait prendre le chemin de la poubelle.
Les mêmes pleurant sur la concurrence de la grande distribution…

mercredi, 21 juillet 2021

« On trouve tout à La Samaritaine ».

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Je l’ai vue avancer quand elle est arrivée en haut de l’escalator.
Elle se mouvait avec élégance malgré la hauteur des talons de ses escarpins.
Ce qui m’a frappé, c’est la robe « Charleston » qu’elle portait et lui allait remarquablement bien.
Hélas, elle s’est approchée.
C’est là que j’ai vu qu’elle avait l’âge de la mode « Charleston » …
C’est dommage, elle avait une sacrée allure !
Pour parfaire l’image, elle était accompagnée d’une dame qui ne ressemblait à rien.
On aurait dit qu’elle m’avait emprunté mes habits si j’avais voulu un jour me travestir.
Je me suis demandé si elle ne l’avait pas fait exprès pour que ressortît son élégance par contraste.
Vous savez, comme ces couples bizarres de copines, la « grande mince » et la « petite grosse ».
Assis à une table du restaurant du dernier étage, la lumière de mes jours et moi attendions un serveur qui n’a pas mis longtemps à arriver.
Re-hélas, la déception s’est poursuivie.
Ce garçon avait, comme ses collègues, perdu l’habitude du service et tous avaient ce côté emprunté qui donne envie de les rendre…
Cela dit, pour nous qui avions connu les anciens magasins « La Samaritaine », il faut reconnaître qui la restauration du bâtiment remarquable.
Heure-Bleue m’appela pour me montrer ce que nous avons d’abord pensé être un pyjama.
L’étiquette prétendait que c’était un ensemble veste-pantalon, comme l’est d’ailleurs le premier pyjama venu…
Cela dit, ce magasin est magnifiquement restauré.
Malheureusement, il l’est comme sont « améliorés » nombre de musées rendus prodigieusement ennuyeux par une armée de muséographes qui s’ingénient à transformer un parcours passionnant comme l’école buissonnière en une sorte de marche ordonnée sur un chemin balisé de conseils.
Ainsi, le joyeux désordre de « La Samaritaine » où on trouvait tout, même des « articles de pêche » comme en témoigne « Paris au mois d’août » est devenu la vitrine bien rangée de tout ce que fabrique et vend Mr LVMH.
Je dois reconnaître qu’il l’a fait avec goût, avec talent et claqué beaucoup de sous pour ce résultat.
Mais nous n’irons guère là-bas que pour boire un café et faire pipi après notre promenade sur les bords de la Seine vers le Pont-Neuf et c’est déjà bien…

 

lundi, 19 juillet 2021

Devoir de Lakevio du Goût N°90.

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Vous aimez les cheminées ?
Vous aimez l’odeur du bois qui brûle ?
Vous aimez les flammes dansantes quand elles sont la seule source de lumière de la pièce ?
Vous aimez tout cela ?
Ou pas dut tout…
Alors dites ce que vous inspire cette toile qui vous rappelle ce que vous aimez ou détestez.
Ou ce qu’elle ne vous inspire pas.
À lundi.

Quand elle eut ranimé le foyer en y jetant nombre de bûches pour en faire un grand  feu, elle avait trouvé plutôt agréable cette odeur de viande rôtie qui flotta un moment dans le salon.
Quand l’odeur de rôti brûlé lui succéda, elle ouvrit les fenêtres.
Elle pila les cendres jusqu’à ce qu’il n’en restât qu’un tas de poussières dans l’âtre encore brûlant puis raccrocha la petite pelle à long manche sur le « serviteur ».
Elle repoussa du balai les dernières cendres dans le fond de l’âtre encore chaud et posa la main sur le manteau de la cheminée.
Elle soupira enfin de soulagement en regardant la chaise vide à côté de la cheminée.
Cette chaise serait désormais vide…
Un vague regret la fit soupirer de nouveau mais elle ne sut pas exactement si c’était de regret ou de soulagement.
Elle se pencha de nouveau vers l’âtre et l’examina attentivement puis reprit le tisonnier et remua les cendres.
Elle se tourna alors vers le « serviteur » et attrapa la pince à bûche pour retirer des cendres le petit morceau dont le reflet avait attiré son attention.
Il ne s’effrita comme il aurait dû.
Elle se pencha, s’accroupit enfin et le prit précautionneusement entre deux doigts, vaguement dégoûtée.
Une dent !
Comment était-ce possible ?
Depuis qu’elle avait épousé ce Géronte qui lui tapait sur les nerfs et sur les fesses quand elle passait à portée de ses mains, elle avait toujours évité d’en savoir trop sur sa bouche, émettrice de bruits désagréables, qu’ils fussent incongrus ou simplement porteurs de paroles salaces.
Paroles qui la prévenaient incidemment que ce soir-là « elle passerait à la casserole ».
Elle était persuadée qu’il n’avait plus dans la bouche rien d’autre que la langue et quelques mots orduriers…
Cet après-midi là, sa main se faufilant sous sa robe et lui touchant les fesses alors qu’elle se penchait sur le feu pour le tisonner avait été la fois de trop.
Elle s’était retournée et lui avait asséné un coup de tisonnier.
D’abord effrayée par le geste qu’elle devina fatal, elle se sentit rapidement soulagée.
Au cas où, on ne sait jamais, elle lui asséna encore deux ou trois coups sur le crâne, essuya soigneusement le tisonner, nettoya le carrelage devant la cheminée puis entreprit de le débiter comme le régisseur le faisait avec le porc qui serait consommé cette année.
D’ailleurs c’était le même travail pour finalement le même animal…
Les os et les habits avaient bien fini en poussière et en fumée dans le foyer.
Heureusement qu’elle avait vu cette dent.
Elle la glissa dans sa pochette et partit voir la voisine.
« Dites-moi, Joséphine, vous n’auriez pas vu passer mon mari ? Je suis inquiète, il est parti depuis des heures… »

samedi, 17 juillet 2021

90ème devoir de Lakevio du Goût.

Frederick-Childe-Hassam-The-Fireplace.jpg

Vous aimez les cheminées ?
Vous aimez l’odeur du bois qui brûle ?
Vous aimez les flammes dansantes quand elles sont la seule source de lumière de la pièce ?
Vous aimez tout cela ?
Ou pas du tout…
Alors dites ce que vous inspire cette toile de Childe Hassam qui vous rappelle ce que vous aimez ou détestez.
Ou ce qu’elle ne vous inspire pas.
À lundi.