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samedi, 10 octobre 2009

L'écrit vain.

 

« Ils entrèrent dans le parc et s'assirent sur le banc de leur première rencontre. Juste sous le marronnier où ils s’étaient rencontrés il y a une éternité, déjà.

 

La lumière dorée de l'automne baignait ses traits délicats.
Les yeux tournés vers le sol, au bord des larmes, elle lui raconta tout. Sa fuite éperdue du restaurant, son voyage à Paris où sa tante l’avait appelée. Non, elle ne s’était pas enfuie apeurée par sa demande. Elle avait pris peur au regard mauvais de son cousin, celui qui l’avait menacée de la tuer si elle se refusait à lui.
Il l’écoutait attentivement, coulant vers elle un regard empreint de douceur.
Elle sentit qu’il la regardait et leva la tête vers lui. Elle surprit son regard et sentit son cœur déborder  d’amour.
Sous les frondaisons rousses, troublées seulement par la chute de quelques feuilles, ils s’enlacèrent.
Enfin leurs lèvres se joignirent
 »

A l’instant où la dame fermait le livre dont la couverture hurlait, en lettres dorées et en relief, « un roman à couper le souffle, écrit de main de maître par Patrice de Saint-Quint », le bus s’arrêta.
La dame se leva en poussant un soupir attendri.

Elle descendit, se tourna vers son mari et dit  « C’est bien beau, tout ça ! Mais qu’est-ce qu’on mange ce soir ? ».
Il grommela « Je ne sais pas ! T'es sûre que t'as fini de digérer toute la guimauve qur tu viens de t'envoyer ? »