lundi, 28 juin 2010
Perrette et le poteau laid…
Ce matin, je suis allé voir l’administratrice de mon bailleur afin qu’elle ne m’estourbisse point pour cause de brièveté excessive de préavis.
Ce pauvre bailleur a déménagé trois fois depuis que je lui verse des sous chaque mois.
Je dois lui en verser trop puisqu’à chaque fois, son exil l’emmène dans un quartier plus huppé que le précédent.
Il est passé du quartier des assurances à celui de l’Opéra puis vient de franchir une étape en allant du côté de l’Elysée.
Après être passé de l’opulence à la richesse, il se dirige à grands pas vers la fortune.
Avec mon argent…
Et me voici rendu là où mon propos m’amenait.
Il y est encore question de filles.
Le métro qui m’emmenait vers ma sangsue, comme tous les matins de beau temps dans ces quartiers, était rempli de jolies femmes.
Et de gamins pas forcément éduqués de la bonne manière…
Face à moi, deux adolescents. Ils jouaient sur leurs portables en échangeant quelques mots dans une langue qui, quoique venant d’outre Manche n’était absolument pas celle de Shakespeare.
Soudain, à la station Saint-Augustin, une fois les portes refermées, dans un élan irrépressible, le gamin face à moi dit à l’autre « Eh ! Guess her muff »…
Obéissant à l'injonction, je me retourne donc et, effectivement, on pouvait légitimement se poser la question.
Il y avait maintenant dans la rame, telle Perrette, légère et court vêtue et agrippée au poteau une « bombasse » comme disent les djeun’s…
En me voyant me retourner, les deux gamins mirent la main devant leur bouche, se rendant compte que la remarque n’était pas, hélas, aussi mezzo voce que la bienséance l’exigeait.
Pire encore, ils pensaient, l’esprit farci de légendes concernant l’inaptitude gauloise à la polyglottitude, que personne ne saisirait l’essence de leur fascinante remarque.
Quant à moi, ce blog étant destiné à des yeux bien élevés à défaut d’être chastes, je me garderai bien de vous le traduire...
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