lundi, 19 septembre 2011
Le service d’ascète creuse…
J'ai entendu dire ces derniers temps que si on se précipitait sur les produits laitiers de Monsieur Unilever on aurait une réduc sur le montant de notre mutuelle, à condition, bien sûr, que ce soit la bonne.
Youpee ! Diront ceux qui ne voient pas plus loin que le bout de leur cotisation.
Aïe ! Diront ceux qui voient venir les assurances avec leurs gros sabots.
Nous avions tous remarqué la tendance des compagnies à assurer l'absence du risque pour lequel vous contractez une police d'assurance.
Vous vous êtes sûrement aperçus que si vous vouliez vous assurer sur la vie, vous deviez être en pleine forme, que si vous vouliez vous assurer contre le vol, il vous fallait vivre dans un coffre-fort et qu'il était bien vu de vivre sans chauffage et manger froid si vous vouliez éviter des histoires avec votre contrat incendie.
Est enfin arrivé ce qui nous pendait au nez en matière d'assurance santé: La surveillance de nos assiettes !
Le début est, comme à chaque fois, séduisant au premier abord: Si vous achetez ceci ou cela, vous aurez, comme pour votre bagnole si vous la laissez au garage, un bonus.
La suite, comme à chaque fois va l'être beaucoup moins.
Méfiant comme je le suis, mais confiant dans la rapacité bien connue des « acteurs économiques » comme disent les chroniqueurs financiers -qui ne vont sans doute pas tarder à nous expliquer combien c'est bon pour tous et surtout pour la Bourse-, je vois poindre derrière ce mini-bonus le maxi-malus...
Après nous avoir accordé, sur la foi de tickets de caisse, une remise de 40 € -par an, ne rêvons point- si on achète des « alicaments », ces trucs qui font qu'on ne partage plus un repas avec plaisir et convivialité, mais qu'on se soigne tristement à table, il y a gros à parier qu'il nous sera réclamé régulièrement le détail de nos caddies.
On nous accordera une maigre remise sur le montant de notre prime à chaque ligne « alicament », tandis que la moindre tranche de saucisson ou part de gâteau de riz sera sévèrement sanctionnée par un malus forcené.
Comme pour la bagnole vous dis-je ! Où une année sans accroc vous accorde 5% supplémentaires de bonus tandis que le moindre clignotant cassé dans votre tort entraîne une diminution de 50% dudit bonus !
Puis, quand le système sera entré dans les mœurs, tout défaut de présentation des tickets de caisse entraînera une hausse de 25% de votre prime, de 50% en cas de récidive, le troisième défaut de présentation entraînant la suspension immédiate de votre garantie -mais pas le prélèvement de vos primes-.
Les amateurs de choucroute ou de pâtisserie seront éjectés de la compagnie, tout comme les buveurs d'autre chose que de l'eau.
L'assurance santé aura ainsi rejoint les autres assurances.
N’y seront admis que ceux qui paient des primes pour des risques qu'ils n'encourent jamais.
L'économie sera globalement gagnante car un marché noir de la nourriture s'instaurera, ce qui permettra d'avoir un indice officiel des prix particulièrement stable tandis qu’une économie souterraine des faux tickets de caisse s'installera tranquillement.
Puis, tandis que Sarkozy regardera son nouveau gamin - comme si le monde avait besoin d'un Sarkozy de plus...- s'empiffrer des stocks de nourriture saisis, il créera de nouveaux délits -il adore ça-, du type « association de malfaiteurs en vue d'une entreprise de destruction de la santé ».
Après “Big Brother is watching you” nous aurons “Big Brother is feeding you”…
09:00 | Commentaires (10)

