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mercredi, 25 avril 2012

Papier de soi

Je suis inquiet.
Je ne sais plus quoi vous dire.
Et ça ne date pas d’hier.
En fait, depuis mon séjour à l’hôpital j’ai du mal à aligner deux phrases.
Un doute m’habite (pas de remarques graveleuses, je vous prie) : Lors de l’intervention chirurgicale qui m’a privé de quelques pièces auxquelles je tenais, ne m’a-ton pas amputé du cerveau ?
Ce qui reste de mon esprit pénétrant me dit que j’ai perdu l’essentiel de ce côté primesautier qui faisait mon charme.
Cet humour dévastateur qui m’avait contraint à acheter une batte de base-ball pour chasser les filles, rendues folles par tant d’esprit dans un corps de rêve.
J’ai dû, depuis ce moment néfaste à Tenon, avouer à Georges Clooney qu’il pouvait renoncer à vendre des tomates et reprendre une carrière de séducteur que j’avais mise à mal.
Je dois vous avouer aujourd’hui que mes pièces manquantes et mon cerveau ramolli m’empêchent de vous régaler avec la régularité horlogère qui faisait votre joie et vous occasionnait parfois ce petit pincement au cœur qui s’appelle l’envie.

Je me dois de dire aux foules jadis enthousiastes qu’une seule chose désormais me comblerait.
Je voudrais que vous me plaigniez !
Toutes et tous !
Enfin surtout toutes…
Vous savez depuis longtemps mon goût pour la gent féminine.
J’aimerais donc aujourd’hui que la gent féminine que j’ai encensée, complimentée, félicitée, défendue, appréciée et surtout aimée se remue enfin.
Et qu’elle me plaigne à grands cris ! Merde quoââ !
Vous savez bien, comme les pleureuses de la Bible.
Aaahhh, comme j’aimerais que l’on fasse à mon égard preuve  de la dévotion indument vouée à des gens sous des prétextes fallacieux, genre « Ouais il a sauvé le pays !», « Ouais mais il a aidé les plus malheureux ! » ou « Il a sauvé des vies au péril de la sienne !»

Honnêtement, si les gens faisaient attention, on n’aurait pas besoin de les sauver des situations impossibles dans lesquelles ils se fourrent !
Tandis que moi, qui vous aime et tout, franchement, je le mérite !

Alors au boulot ! Aimez moi !
Mais ne le dites pas à Heure-Bleue, elle a horreur de partager ses affaires…