Ok

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Ces derniers assurent le bon fonctionnement de nos services. En savoir plus.

vendredi, 13 juillet 2012

Début d’une idée…

Les vacances de 1957 ont passé…
Profitant honteusement d’heureuses dispositions pour le travail scolaire je pus mettre toute mon énergie à attendre les vacances de 1958 en m’en tirant pas mal du tout en classe.

 

Cette fois-ci j’étais « grand » !
Fort de mes neuf ans, on allait voir ce qu’on allait voir et Brigitte P. allait devoir compter avec moi et plaquer cette andouille de Jean-Pierre, un fils de flic, je vous demande un peu.
Jacques S., dont ma tante avait malencontreusement jeté le nom à la face du monde était encore plus occupé par la grande sœur d’Arlette –qui maintenant roulait des hanches, la grande soeur, pas Arlette- et par le Tour de France, remporté à son grand dam par Charly Gaul cette année là mais laissant tout de même Darrigade en très bonne place.
Brigitte P. continuait à marcher à côté de ce rat de Jean-Pierre en levant le menton. Elle commençait à m’agacer tandis que mon « pauv’tit cœur », dixit ma tante,  se cicatrisait.
Nous traînions encore sur les chemins alentour où il passait une voiture de temps en temps et deux ou trois troupeaux de quelques vaches deux fois par jour.
Le plus grand danger que nous courions était de tomber, soit dans une bouse, soit amoureux…
Dans notre petite bande, hormis ma sœur et deux autres garçons sans importance puisque j’étais le plus beau –Brigitte P. était la seule à ne pas s’en apercevoir-, il y avait une autre fille, Danielle, assez mignonne mais que voulez-vous, elle ne m’intéressait pas.
C’était pourtant une jolie petite fille aux cheveux courts couleur de châtaigne et aux yeux clairs, en short et en chemise tout l’été.
Tout ce que j’en savais, c’est qu’elle était fille unique.

Je marchais le dernier en traînant les pieds, en donnant des coups de pieds dans les cailloux.
Je traînais, avec eux mais sans entrain, un coeur au moins deux fois trop gros pour moi.
Pour tout dire, je faisais la gueule…

Les jours passaient, le Tour de France aussi passa dans notre village et, toujours traînant je fus content de voir que nous étions deux à traîner à l’arrière de la bande.
Je rejoignais la bande ? Danielle la rejoignait.
Je traînais ? Danielle restait à ma hauteur.
Nous ne parlions pas.
Un après-midi, elle me prit la main pour rattraper le reste de la petite bande.
Ça m’a fait drôle et je l’ai suivie tandis que Brigitte P. m’intéressait du coup beaucoup moins…
Arlette me griffa, se battit avec Danielle, elles se jetèrent des noms d’oiseau à la figure et jurèrent de ne plus jamais se parler.
Pendant ce temps je regardais mes sandales et me faisait oublier…
On dit que les filles sont un gibier pour les garçons ?
Je sais depuis ce moment là que nous, les garçons, sommes les vraies proies !
Arlette se consola rapidement –elle aimait beaucoup avoir un « bon-ami », n’importe quel garçon qu’elle côtoyait assez longtemps avait ses chances- et redevint copine avec tous.
Danielle et moi, en revanche, renvoyions Tristan et Yseult au rayon des romans-photos, nombreux à l'époque.
Je la raccompagnais chez elle dans l’après-midi.
Elle me raccompagnait jusqu’au café de ma tante, et je la raccompagnais de nouveau.
Je me demande combien de kilomètres nous pouvions parcourir entre le goûter et le dîner, à nous raccompagner ainsi.
Un jour nuageux, Danielle et moi nous promenions le long du canal –le café de ma tante était près du « pont du canal »-. L’administration avait procédé au nettoyage saisonnier des berges, les débarrassant des roseaux envahissants qui rétrécissaient le passage des péniches.
Il y avait ainsi des amoncellements de roseaux posés au bord du talus du chemin de halage.
A y réfléchir, je me demande si les aires disposées ainsi à l’abri des regards, entre le talus et les tas de roseaux n’étaient pas une invention destinée à favoriser l’esprit de découverte des enfants…

Ce jour nuageux, nous nous arrêtâmes dans un de ces havres de paix et nous y assîmes.
Sans un mot.
J’avais le gargoziau un peu noué, allez savoir pourquoi.
Elle se taisait aussi.
Je ne savais quoi faire.
Et c’est là qu’on voit bien que les filles sont vraiment courageuses et savent beaucoup mieux que les garçons ce qu’elles veulent.
Elle se tourna vers moi, me regarda bizarrement et demanda gentiment « dis, tu me montres ton…ton zizi ? ».
Je marchandai « Oui mais si tu me montres le tien ! »
Je montrai donc la chose tandis qu’elle ouvrait son short.
Contrairement à moi qui avais trois sœurs dont deux dans mes âges, elle n’avait jamais vu « comment c’était fait en face ».
Et comme elle n’avait jamais vu elle toucha.
Sauf ma mère et moi, personne n’avait jamais touché mon zizi.
Je n’étais pas assez « grand » pour que le trouble qui s’empara de moi se manifestât de façon mécanique mais il était bien  là…
J’osai à mon tour, je n’avais jamais vu précisément, et encore moins touché, les sœurs c’est pas des vraies filles et en plus on n’a pas le droit.
Mais là, je commençai à avoir une idée du « comment c’était fait en face » mais pas encore vraiment du pourquoi.
Il me faudrait encore attendre quelques vacances pour apprendre quoi faire de cette différence et comment…
Si tant est qu’on sache jamais vraiment comment…


Et puis j'arrête avant qu'Heure-Bleue me saute à la gorge dans une crise de jalousie irrépressible.
Vous savez maintenant comment sont les filles...