lundi, 03 décembre 2012
Le veau d'or est toujours debout
« Le veau d'or est toujours debout, on encense sa puissance ! » comme disait Méphisto dans le Faust de Gounod…
La disparition de J.M.Sylvestre de mon horizon matinal et radiophonique pour cause de retraite avait laissé un grand vide dans ma cuisine.
La nature ayant horreur du vide, sauf celui des discours, elle combla le trou laissé par le chantre de l'ultra-libéralisme en le remplaçant par un chantre du libéralisme féroce. J'ai nommé Dominique Seux, porte parole des « milieux d'affaires et des acteurs économiques » à la radio de service public.
Enfin un homme intéressant cause de temps à autre dans mon poste.
C'est le Maître Vergès de la politique, toujours prêt à enfourcher Rossinante pour défendre l'indéfendable.
Aaahhh... Il faut l'entendre, ce chevalier du compte en banque, ce Don Quichotte des stock-options, ce défenseur de la veuve Cliquot.
Il faut l'entendre pourfendre les ténors de la gôche, toujours prêts à dépouiller le possédant pour en distribuer les avoirs à des hordes de mollassons sans goût du risque ni « esprit d’entreprise ».
Vilipender, parfois à contretemps car notre bouveau boss change souvent d'avis, les projets de loi concoctés par un gouvernement plus exécutant qu'exécutif.
S'il osait, ce qui ne saurait tarder, il accuserait les pauvres d'être à l'origine de la crise financière à cause de leur manque de sous récurrent...
Eh oui ! Défendre l’indéfendable n'est pas toujours si aisé qu’on pense.
Mais il s'y emploie avec un dévouement qui force l'admiration.
J.M.Sylvestre semblait convaincu de ce qu'il racontait et le disait avec sérieux, voire componction.
Lui, même dans mon poste qui ne fait que causer, semble échevelé, livide, au milieu des tempêtes.
Bref, il ne porte pas la parole de la finance, non, il la déclame.
Ce n'est pas un porte-parole, c'est un acteur.
Un sociétaire de la comédie du pouvoir en somme...
10:29 | Commentaires (5)

