Ok

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Ces derniers assurent le bon fonctionnement de nos services. En savoir plus.

vendredi, 28 juin 2013

La vie en rosse...

Il y a des jours comme ça où se taire est une excellente initiative.
Initiative que je devrais prendre plus souvent.
Ça éviterait de prendre en pleine figure des réflexions dites censément « mine de rien » mais qui vous font mordre la langue juste trop tard.
Nous regardions un téléfilm avant-hier soir.
Un truc plein de mélo, guimauvesque à souhait mais le rôle principal est tenu par Marius Colucci.
Heure-Bleue craque sur ce rouquin au teint pâle.
Quand elle change soudainement de position esthétique, je devrais me méfier.
Son côté sorcière fait qu’elle a dû pressentir une situation où elle aurait l’avantage sans discussion possible.
J’ai beau le savoir, vivre avec elle depuis plus de quarante ans, je n’y prête attention que trop tard.
Toujours trop tard.
J’aurais justement dû me méfier ce soir.
Une demi-heure avant elle craquait sur le type d’homme plus habituel pour cette rouquine à peau claire : Takiedine.
Je n’ai jamais su si elle aimait le type moyen-oriental ou le type milliardaire.
Je penche pour la première version.
Je ne suis pas milliardaire.
Mais je ne suis pas sûr non plus qu’elle m’aime.
Le mystère reste donc entier et c’est aussi bien.
Le téléfilm continue. Un moment, une scène qui lui semble importante se déroule pendant la montée des marches du Sacré-Cœur.
Je regarde quelques minutes.
Puis je lâche « Tiens, il y a combien de temps que nous ne sommes pas allés au Sacré-Cœur ? ».
Heure-Bleue lance, sûre d’elle, d’une voix melliflue « Jamais avec moi ! »
J’ajoute, toujours imprudent « Je ne me souviens pas, ça fait un moment mais je suis sûr que c’était avec toi… »
Heure-Bleue dit mezzo voce « Ça doit faire un moment, je ne m’en souviens pas… »
Je regarde l’écran qui montre une jeune femme monter les escaliers de la butte qui sont durs, etc…
Je dis à Heure-Bleue « il y a quand même un moment et… »
Et là, celle qui n’est pas rancunière mais n’oublie rien et n’est pas jalouse pour deux sous m’interrompt et jette d’une voix plutôt acide « C’était sans doute avec Dulcinée… Tu es souvent allé au Sacré-Cœur avec Dulcinée, non ? »
Je continue à regarder le téléfilm en faisant semblant de rien.