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mercredi, 11 septembre 2013

Lève-toi et charme…

La vie du chercheur d’appartement et du négociateur de délai est une vie de galérien…
Du matin au soir il faut aller voir ou appeler les uns.
Du soir au matin il faut rassurer l’autre.
Hier, nous sommes allés voir le juriste. Il nous a expliqué que malgré notre bonne foi et la morale élastique de notre bailleur, nous lancer dans une procédure était risqué. Il connaissait la loi, c’est sûr.
Il a quand même admis qu’une loi non écrite mais efficace s’appliquait depuis toujours : celle qui dit que quand un pot de terre –votre Goût adoré- rencontre un pot de fer –notre bailleur abhorré-, le pot de terre perd des morceaux. Enfin, des sous...
Pour nous annoncer ce dont nous nous doutions, à Heure-Bleue et moi, il m’a fallu secouer Heure-Bleue de grand matin.
Et ça, ce n’est jamais une mince affaire. Le lever d’Heure-Bleue est une cérémonie aussi tardive que délicate pour celui qui veut la tirer des draps. Je me demande pourquoi une Heure-Bleue qui dort si mal est tellement attachée à son plumard…
La chose fut néanmoins menée à bien. Nous n’eûmes que quatre minutes de retard.
Elle avait pourtant fait de gros efforts pour qu’il attînt une demi-heure.
Fort heureusement, notre juriste était encore plus en retard.
La douche sur notre enthousiasme et nos visées guerrières achevée, nous partîmes chez notre médecin. Celui que ses filles tracassent.
- Alors ? Votre fille, elle a eu son bac ?
- Bien sûr.
- Alors, vous voyez bien, il ne fallait pas vous mettre martel en tête !
- Oh ! Mais ce n’était pas pour le bac que je me faisais du souci… A-t-il souri.
Tout allait bien, chez lui et chez nous.
Nous l’avons quitté en nous souhaitant une bonne année et nous sommes allés déjeuner au BHV.
Nous avons constaté avec plaisir que malgré leur aménagement nouveau et l’envie d’en faire un restaurant pour touristes, la clientèle n’a pas changé. Toujours les mêmes clients du quartier et les mêmes vieux.
Nous avons acheté deux livres, un pour la nostalgie de notre ex-quartier –Paris au mois d’août- et un pour votre Goût, lectrices chéries – Idiopathie-.
Après un stage au Monop’, incontournable sur notre chemin, nous avons voulu prendre le bus. Nous étions à une station de la Bastille. Quand nous sommes montés, le chauffeur a dit « je m’arrête à la Bastille, c’est la station suivante. »
Je lui ai dit « Oh ben ce n’est pas grave, c’est comme si on avait fait du stop… » et nous sommes partis.
Nous avions oublié un détail : La manif contre la réforme des retraites. « The manif » alors que nous étions tout de même concernés.
Nous avons donc, Heure-Bleue et moi, emprunté la rue du Faubourg saint Antoine, puis l’avenue Ledru Rollin et la rue de Charonne. Nous nous étions dit, avec l’insouciance de la jeunesse, que passé le boulevard Voltaire, là où passait la manif, nous pourrions prendre le bus.
Aaahh… Quelle belle confiance dans la bonté du sort…
Chaque arrêt nous donnant une attente de l’ordre de la semaine nous avons marché jusqu’à l’arrêt suivant. Ce n’est qu’à deux stations de chez nous que nous avons pu monter dans un bus. Ça nous a finalement fait une grande promenade.
Ça faisait longtemps que votre Goût préféré n’avait pas fait de sport, lectrices chéries, parce que sur les sept kilomètres et demi -merci Google maps- que nous avons parcourus dans la journée, j’en ai parcouru plus de quatre avec un sac de provisions lourd comme un âne mort…
En rentrant à la maison, j’ai appelé une dame qui a bien voulu me donner le renseignement attendu après une séance de « voix d’hôtesse de l’air » -dixit Heure-Bleue-
Ce fut une bonne journée...