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dimanche, 29 septembre 2013

Faire et défaire, c’est toujours travailler...

La hâte est, non seulement inhabituelle chez moi mais, c’est bien connu, mauvaise conseillère.
Je l’ai encore vérifié hier soir.
Fier comme Artaban d’avoir réussi à encartonner la quasi totalité de la cuisine il y a deux jours, je m’étais dit « Impeccable ! Mon Goût-des-autres chéri, tu es vraiment le meilleur ! », oui je me parle gentiment quand je suis tout seul, de toute façon, personne ne me dirait des choses comme ça, alors...
J’avais gardé sur le plan de travail de quoi assurer la préparation, du moins le pensai-je, des repas des deux semaines à venir.
Erreur ! Erreur tragique !
Je m’en suis aperçu hier soir quand il m’a fallu faire, à la demande d’Heure-Bleue, ces pommes de terre sautées, légèrement aillées, accompagnées de l’omelette adéquate. Le truc qui fait ses délices.
Avez-vous, lectrices chéries, tenté de battre des œufs sans saladier ni assiette creuse ?
Avez-vous, lectrices chéries, tenté les pommes de terre sautées à la casserole émaillée ?
Alors, avant de devoir jeter une casserole neuve, à peine vingt-cinq ans la casserole.
Alors, avant d’envoyer les œufs sur le carrelage, d’un auguste coup de fourchette sur une assiette plate ou d’une tentative malheureuse de battre une omelette dans le bol du petit déjeuner, trop petit.
Avant tout ces malheurs prévisibles, j’ai dû ouvrir trois des dix cartons marqués « vaisselle » pour y trouver ce dont j’avais besoin.
Et j’ai réussi à ne pas tout sortir. Et même à tout reranger. C'est dingue, hein ?
J’ai gardé des ustensiles différents, « multi-usages » comme ils disent, pour survivre sans passer une douzaine de soirées consécutives au restaurant.
Je pourrais donc, d’ici au onze octobre, préparer d’autres pommes de terre, d’autres omelettes.
Mais surtout, surtout... Qu’Heure-Bleue ne me demande pas un clafoutis ou une tarte !
Je ne déferai plus de cartons avant d’avoir changé d’adresse.
Au fait, j’ai oublié de vous dire, lectrices chéries, le dîner a été délicieux.
Mais sans pain.
Nous sommes passés deux fois devant la boulangerie.
A l'aller nous nous sommes contenté de dire « on prendra le pain au retour. »
Au retour, Heure-Bleue avait les bras encombrés d’un nouveau panier à linge en osier et moi d’une table à repasser neuve. Alors nous sommes passés sans même jeter un regard à la boulangerie.
Il fallait, paraît-il, absolument acheter ces trucs qu’il était indispensable de faire transporter par les déménageurs...
Pfff... Dîner sans pain...