Ok

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Ces derniers assurent le bon fonctionnement de nos services. En savoir plus.

mardi, 08 avril 2014

Le temps hélas tique…

Hier nous nous sommes demandé ce que nous pourrions bien faire pour nourrir Merveille.
L’Ours nous à la fois tiré une épine du pied et enfoncé un pieu dans le cœur.
Nous savons quoi lui donner à manger et nous n’avons aucune idée de la façon de nous y prendre pour lui faire abandonner ces idées de bouffe nuisible…
Non que les pommes de terre écrasées avec une noix de beurre demi-sel soient dangereuses pour le goût ou la santé.
Non, ce sont plutôt ces petits machins carrés de poisson pané qui m’inquiètent…
J’ai dans l’idée de l’emmener au Jardin des Plantes sous peu pour lui rafraîchir la mémoire quant à ce à quoi doit ressembler un vrai poisson.
Puis, avec la flemme qui caractérise le véritable intellectuel je me suis dit « après tout, une fois de temps en temps, ce n’est pas grave, et il faut bien que les animaux s’adaptent pour survivre, hein ? »
Tout ça pour vous montrer, lectrices chéries, comme il est facile de passer des compromis du négociateur chevronné aux compromissions du flemmard avéré…
Le soir arrivé, le repas servi, Heure-Bleue et moi, après avoir regardé les Izvestia et écouté la Pravda, ou l’inverse, sachant « qu’il n’y a pas plus de pravda dans les
Известия que d’izvestia dans la правда » nous sommes dit, dans une envolée culturelle magnifique « Ce soir, sur Arte, il y « Le mépris », ça fait longtemps… »
Heure-Bleue a dit « Pfiouuu… J’ai lu ça il y a longtemps, c’est un bouquin de Moravia. »
Je me suis contenté de dire « Je le reverrai volontiers, je l’ai vu il y a longtemps, c’était bien… »
J’ai débarrassé la table pendant la météo et me suis rassis.
Non je ne suis pas « devenu rassis », je suis « juste plus très frais ».
Nous avons commencé à regarder « Le mépris ». J’aime toujours autant ce film.
Et ses fesses ? Si je les aime ses fesses ? Je ne peux pas dire mais Brigitte Bardot avait de belles fesses et de belles jambes et pas que.
Mais si j’avoue qu’elle avait une belle plastique et que c’était une Camille remarquable, je n’ai jamais aimé BB. Je lui ai toujours préféré l’assistante, Georgia Moll.
Nous avons commencé à regarder, moi avec plaisir, Heure-Bleue sans enthousiasme.
Elle m’a dit au bout de quelques minutes « il faut que je me rapproche, je ne vois pas clair… »
Puis, encore quelques minutes « Pfff… Ça ne m’étonne pas que ça te plaise, c’est ch… »
Elle s’est assise à son PC et a dit « Je vais regarder quelque chose sur Brigitte Bardot. »
J’étais plongé dans le film quand Heure-Bleue m’a dit :
- Tu te rends compte ? Elle aussi était amblyope ! Elle a été détectée à quatre ans !
- Mmmhh…
- Elle n’était pas plus jeune que moi finalement, je n’ai que (secret) Mais plus de quatre ans.
C’est là que je me suis aperçu qu’Heure-Bleue n’a pas de problèmes qu’avec l’heure.
Elle en a avec le temps. Chez elle il est élastique. Il s’étire, s’étire et cède d’un coup…
Passé l’anniversaire de mes soixante cinq ans, je sais que je suis dans ma soixante sixième année et que six mois plus tard je serai plus près de soixante six que de soixante cinq ans.
Chez Heure-Bleue il n’en va pas de même. Pas du tout. Dès sa date anniversaire l’âge y reste accroché, s’étire, s’étire tel un élastique et, dans la microseconde qui suit la fin de la dernière seconde de la dernière minute de la dernière heure du dernier jour qui précède son anniversaire, l’élastique cède et Heure-Bleue prend un an dans la vue.
Comme tous les élastiques qui cèdent, ça lui fait mal et j’en fais généralement les frais. Elle va bientôt m’appeler Chronos...
Pour en revenir au film, j’en ai retiré une fois de plus que l’amour est une chose compliquée, qui souvent finit mal, qu’il apparaît on ne sait pourquoi et disparaît sur un détail qui semble insignifiant…