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jeudi, 22 mai 2014

Curiosity…

N’allez pas croire que Paris n’est qu’un musée peuplé de touristes et de garçons de café atrabilaires.
Tout y est à voir.
Ou curieux…
Auriez-vous pensé un instant que dans cette rue du XVIIème arrondissement, surtout dans cette partie de l’arrondissement,  « bourge »  s’il en est, on pouvait voir le « chat bignole » ?

chat_bignole.JPG


Oui, même les chats d’ici sont parisiens.
Curieux et reluquant avec un peu de mépris le passant.
Je suis sûr que ces chats savent très bien si on est parisien ou non.
Celui-ci plus que les autres. Ce chat habite en haut de la rue de Rome et, derrière la vitre de sa fenêtre, voit passer un tas « d’étrangers » toute la journée.
Pour être honnête, il voit passer un tas de Parisiens, ceux qui ont hésité entre la gare Saint-Lazare et la gare de Pont Cardinet, première gare en direction de l’Ouest sauvage.
Pour être encore plus  honnête, Heure-Bleue et moi sommes passés par là, poussés par l’envie de voir si la vitrine de l’antiquaire propose toujours ces deux vases de Gallé qui la tentent et les deux petits bronzes qui me font craquer.
Pour être toujours plus honnête, c’est aussi poussés par l’envie de vérifier que l’Auvergnat qui propose cette « saucisse au couteau » délicieuse est ouvert…
Que je vous dise, la rue de Rome, de la gare Saint Lazare à l’entrée du boulevard Pereire, me passionne depuis l’enfance.
C’est le quartier de la SNCF, certes, mais surtout le quartier des luthiers.
Les vitrines y proposent des tas de choses qui me passionnent depuis longtemps, depuis 1962 pour être précis.
Et non, pour une fois il ne s’agit pas que des filles.
Si vous aviez vu ces vitrines ! Pleines de matériel haute-fidélité arrivant des Amériques. Si vous êtes sages, lectrices chéries, vous pourrez regarder les photos d’un appareil dont j’ai fait une copie dès 1965. En bien moins joli évidemment mais fonctionnant aussi bien. Les schémas en ayant été diffusés dans une revue de 1963 précieusement conservée par votre Goût préféré.

MC-Intosh_C22.jpg


Il y avait, et il y a toujours, ces vitrines de lutherie, pleines de pièces de bois finement ciselées, qui vous montrent que la facture d’un violon ou d’une guitare est un travail de Romain. Plus exactement de Crémonien…

 

luthier.jpg


Il y avait, et il y a encore, ces vitrines de vieux bouquins à reliure de cuir, aux titres gaufrés et dorés. J’y avais repéré une édition des Tragiques, d’Agrippa d’Aubigné –mais si, vous connaissez, lectrices chéries, c’est là qu’on lit  « une rose d’automne est plus qu’une autre exquise »- malheureusement hors de mes moyens.

Imaginez comme toutes ces choses pouvaient passionner un gamin intéressé par la musique, la poésie et les sciences…