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mardi, 14 avril 2015

Un homme sans cible.

Je ne sais pourquoi cette vue de ma fenêtre semble si embrumée.
Ce n’est pas mon esprit, la vue est nette quand je regarde dehors, même au travers des vitres que j’ai nettoyées dimanche.
Non, il semblerait que l’appareil photo en soit responsable.
Regardez ! Vous avez vu ça, lectrices chéries ?

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Malgré la disparition de quelques arbres pour cause de mycose fatale, il en reste suffisamment pour qu’avril prenne ses couleurs impressionnistes et me préserve des immeubles de l’autre côté de la voie de chemin de fer.
Une vue comme ça et un temps si beau, on dirait « Avril à Paris », me pousseraient à aller traîner de grand matin dans les rues et les jardins de la capitale.
Dix minutes de train et je serais déjà à Saint Lazare.
Je remonterais la rue Saint Lazare.
Je passerais devant l’église de la Trinité.
Je me ferais incendier par les automobilistes parce que je traverserais la place sans faire attention, le nez en l’air et rêvassant, jusqu’à reprendre la rue Saint Lazare.
Quand elle croiserait la rue Saint Georges, je remonterais celle-ci jusqu’à la place Saint Georges.
Savez vous bien, lectrices chéries, comme est belle la place Saint Georges ?
Je la connais depuis presque toujours. Disons depuis que je suis gamin.
Évidemment, vous vous en doutez, j’y ai plein de souvenirs de promenades.
Mais savez vous ce qu’ont d’extraordinaire cette place et toutes les rues qu’on emprunte que ce soit pour monter vers le boulevard de Clichy ou descendre vers la rue Saint Lazare ?
Eh bien c’est la lumière, lectrices chéries, la lumière !
Dans les matinées de printemps, c’est un émerveillement qui vous fait comprendre pourquoi les peintres montmartrois ont choisi ce coin pour exercer leur talent parfois coupable…
Tout y devient beau.
Bien que les rues Fontaine, Notre Dame de Lorette, Pigalle et  Henry Monnier soient plutôt « mal fréquentées » selon les parents des élèves des lycées Jules Ferry, Lamartine ou Jacques Decour, le matin, tous les bars dits « à hôtesses montantes » sont fermés et la circulation y est raisonnablement réduite car la plupart des commerces sont fermés.
Il y a quelques années, j’ai dû faire mon métier d’ingénieur quelques mois dans une boîte de la rue Henry Monnier et j’aimais m’y rendre le matin.
J’appréciais particulièrement descendre à la station Saint Georges et arriver sur cette petite place ronde. Elle a un petit côté « luxueux » avec sa fontaine surmontée du buste du dessinateur Gavarni et le tour de la place, dont les grilles protègent l’accès à de superbes hôtels particuliers.
Il n’y a guère que l’immeuble qui abrite la brasserie qui soit constitué d’ateliers d’artiste inchauffables mais entièrement faits pour profiter de la lumière dont je vous ai parlé.
Voilà.
Demain on va à Paris prendre un café avec une blogueuse qu’on ne connaît pas.