vendredi, 08 mai 2015
L’alibi d’eau…
Bon, on a la fibre.
C’est efficace.
Les âneries arrivent encore plus vite sur mon écran…
On nous avait envoyé un gamin, un jeune homme de vingt-deux ans, mat de peau et de noir de cheveux, tel que j’ai surpris une lueur d’intérêt dans l’œil de la lumière de mes jours.
Heureusement il parlait mal avec des fautes de temps qui ont fini par faire dire à Heure-Bleue :
- On ne dit pas « si je serais », on dit « si j’étais » jeune homme !
Ça m’a rassuré pour le coup, elle ne pourrait pas s’enfuir avec un gamin, si brun qu’il fût, qui foutrait de tels coups de pieds dans la grammaire…
Rien n’alla de soi, le câblage de l’immeuble avait été fait comme le reste.
C'est-à-dire comme le bon dieu a fait les bossus, autant dire à vue de nez.
Dès que le gamin eut fini son travail, assez tard, nous sommes partis.
A Paris d’abord, pour acheter du café chez Clooney et en boire un chez Illy à l’Opéra.
Nous sommes arrivés un peu tard et nous n’aimons pas ça.
Nous n’avons pas eu le temps de faire ce que nous faisons habituellement le mieux : Glander en traînassant lentement le long des rues à regarder les vitrines et les gens.
Nous sommes donc revenus chez nous en passant par les courses à faire.
Là, j’ai failli avoir la deuxième sueur froide de la journée.
La lumière de mes jours attendait devant le rayon boucherie tandis que je regardais les légumes.
Un type a engagé la conversation avec ma moitié. Je le voyais de là où j’étais.
Je me suis approché.
Mais bon sang ! Ce mec essayait de me soulever ma meuf ! Le chien ! Le rat !
Il la draguait de façon outrageusement voyante !
Et que je papote et que je papote !
J’ai fini par m’inviter dans la conversation.
J’ai été rassuré quand il a dit qu’il était d’origine bordelaise et avait commencé à boire du vin bien avant vingt ans.
J’ai été quand même effrayé quand il a dit « je suis né en 1947 ».
Je ne sais pas pourquoi on nous raconte tout ça quand on nous croise.
J’ai été rassuré car Heure-Bleue n’aurait pas supporté un type qui aurait bu du vin si jeune, je la connais.
En plus c’était un vieux.
Quand nous avons abandonné le dragueur, j’ai dit « P… ! Ce type et moi, on a le presque même âge ! »
La lumière de mes jours m’a rassuré « Mais tu fais plus bien jeune que lui, Minou ! »
Elle a ajouté « mais c’était un brun, je suis sûre… »
Heureusement, tout s’est arrangé à la caisse où la queue était trop longue pour que je n’use pas de mon droit de gruger. Je me suis arrêté juste derrière une Brésilienne (une vraie, elle me l’a dit) enceinte jusqu’aux yeux.
C’était parfait, derrière nous il y avait une jeune fille antillaise et puis deux vieilles atrabilaires.
Ce sont surtout ces deux vieilles qui nous ont amusés.
Mauvaises comme des teignes et me râlant dessus pour avoir osé leur passer devant.
J’adore ça, surtout dire à la jeune Brésilienne :
- Vous voyez ? C’est pour ça qu’on diminue les retraites…
- Ah bon ? Pourquoi ?
- Pour que les vieux meurent plus vite, ça évite les histoires aux caisses des magasins.
Heure-Bleue a mis son grain de sel, justifiant à haute voix :
- C’est pour ça que la piqûre pour les vieilles, c’est pas idiot…
Nos deux vieilles ont fait la gueule.
Bref, ce fut une bonne journée.
Je n’ai plus qu’à me lancer dans la confection du déjeuner.
Nous avons des invités…
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