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jeudi, 17 septembre 2015

Ô, low cost…

Lectrices chéries, vous souvenez vous de J.M.Sylvestre ?
Mais si, lectrices adorées, vous vous rappelez sûrement ce chroniqueur toujours en train de râler après « ces Français rétifs aux réformes » dès qu’il s’agissait de faire avaler l’idée que le Français « devrait accepter d’être soigné selon ce qu’il a cotisé et non selon ses besoins » ou encore « la nécessaire suppression du Code du Travail, véritable entrave à la compétitivité des entreprises ».
Je m’attendais toujours qu’il conclue son speech par une prière pour remercier le Saint Marché qui a tant fait pour la Liberté, la Libre Entreprise et la Grandeur de l’Amérique.
Bon, il a révisé son approche de « la loi du Marché » par deux fois.
La première quand sa santé a chancelé et qu’il a échappé de peu à la traversée du Styx. Pendant quelques années il n’a pas tari d’éloge sur la Sécurité Sociale, puis, les années passant, il s’est fait plus silencieux sur le sujet. Des fois que… hein…
La seconde, il révisa son jugement sur l’utilité du Code du Travail quand ma radio préférée lui signifia qu’il était temps, après tant d’années passées là, de tenter sa chance ailleurs.
Ce chantre de la liberté du renard dans le poulailler se rebiffa tant et si bien qu’il réussit à faire requalifier son contrat en CDI ce qui lui valu une copieuse indemnité de licenciement.
Il avait alors tenté sans succès de nous faire oublier qu’il s’était vigoureusement élevé contre ces indemnités « qui mettaient en danger la capacité des actionnaires à investir ».
Il fut remplacé alors par un autre chroniqueur de la même eau.
C’est cette constance dans la férocité à appliquer mais seulement aux autres, qui motive ces longs préliminaires.
Oui, à mon âge on a les longs préliminaires qu’on peut…
Ce clone du précédent, qui s’élevait contre « le carcan administratif qui nuit à l’emploi et favorise le chômage » s’est lancé dans un examen de la santé d’un certain nombre d’entreprises.
Il en ressortit que ces entreprises « afficheraient de bien meilleurs résultats si elles comprenaient qu’elles ont bien trop de salariés ».
L’incohérence du propos le laissa de marbre, il a peut-être pensé que personne ne l’écoutait.
Oui, s’il ne s’en est vraiment pas aperçu, c’est grave et ça en dit long sur la qualité du boulot de ceux qui ont l’oreille de nozélites.
Son speech fut évidemment suivi du lamento sur « les taxes et les charges qui, comme les salaires, sont bien trop lourds »
Je n’ai pas été déçu par un discours trop souvent entendu et donc trop souvent attendu.
Ce sont les mêmes qui trouvent que les salaires sont trop élevés et les réduisent au fil du temps sous prétexte que « le Bangladesh est bien plus compétitif », donc rien de nouveau.
Là où mon chroniqueur m’a estourbi, c’est quand il a trouvé acceptable et inévitable la probable baisse des retraites.
Il n’a probablement pas prêté attention ai fait qu’il allait lui aussi en pâtir.
Déjà qu’ils jouent ces cotisations sur les marchés financiers et qu’ils les perdent, en plus ils  trouvent le moyen de nous les faire payer deux fois.
Une fois quand on cotise.
Une fois quand on ne touche pas le montant de la retraite normalement dû.
Comment se fait-il que tous ces escrocs n’aient pas aux trousses une foule de gens armés de gourdins ?