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lundi, 22 février 2016

« L’amour de moy, s’y est enclose… »

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Dans mon souvenir, ce jardin de roses trémières était mieux clos.
J’aimais mieux le vieux nom de ces fleurs, « passerose », ça faisait plus… Enfin mieux…
Ça collait parfaitement au mois de mai.
Ce n’était pas à proprement parler un jardin de roses trémières mais une palissade vaguement protégée par leurs longues tiges.
Je passais souvent devant ces marches et me suis longtemps demandé où elles pouvaient conduire.
En regardant entre les planches disjointes de la palissade je n’avais jamais fait qu’entrevoir un terrain vague plein d’herbes folles, quelques buissons et un ou deux arbres.
Le mois de mai et ces roses trémières fraîchement écloses donnaient à ce coin les allures d’un tableau de Berthe Morisot.
Je le savais bien que c’était une propriété  privée.
Sinon quelle idée de l’enfermer derrière la palissade ?
Cette fois ci, il en manquait deux ou trois planches.
Avec le sentiment de me livrer à un cambriolage je suis tout de même entré, gravissant les quelques marches de pierres sèches et faisant attention à ne pas faire un accroc à ma chemise.
A part le zonzonnement des insectes, il n’y avait pas un bruit.
J’étais sûr pourtant qu’il y avait des oiseaux mais ceux-ci se taisaient.
Or, pour que les oiseaux se taisent…
Cétait bien ça...
Alors je suis ressorti en faisant attention à ne faire aucun bruit.
Puis j’ai remis les planches en évitant tout grincement.
Le printemps a encore fait correctement son travail, cette année…
Ces passeroses et le printemps m’ont rappelé « Le jeu de Marion et Robin ».