mercredi, 09 novembre 2016
Washington, décès ?

Ce matin, je me suis levé à sept heures et demie.
Je sais, lectrices chéries, vous n’en avez rien à cirer.
Mais quand même.
J’ai fermé la porte de la chambre.
J’ai allumé la radio.
J’ai entendu « contre toute attente, Donald Trump sera le prochain président des Etats-Unis ! »
Alors j’ai réouvert la porte de la chambre et j’ai dit :
- Ma mine !!!!
- Mmmm… Qu’est ce qu’il y a ?
- Donald Trump est président des Etats-Unis !
- Tu me diras ça à huit heures…
J’ai refermé la porte et écouté la radio en sourdine.
Puis je me suis rappelé ce qui avait permis au « Brexit » de l’emporter et pourquoi.
En buvant mon bol de lait je suis allé regarder la carte des états qui avaient permis à Trump de l’emporter.
J’ai vu pourquoi.
Ça m’a rappelé où et pourquoi certaines municipalités avaient mis à leur tête des maires FN.
Et il me semble que ce sont les mêmes raisons partout.
La surdité de classes politiques qui ont oublié le sens originel du mot « gouverner ».
C’est le même que pour les bateaux et les avions : donner une direction, un cap.
Nozélites ne se sont occupés que d’une fraction de la population, celle qui a le pouvoir économique.
Nozélites ont oublié que ce n’est pas elle qui fait la richesse réelle du pays, elle n’en tient que les livres de comptes et elle les maquille souvent dans le sens des ses intérêts.
Nozélites ont laissé de côté le reste de la population.
Alors ça cause des réveils douloureux car on oublie souvent que c’est la fraction la plus nombreuse.
Nozélites ont oublié que tous ceux qui sont ou pensent être des «laissés pour compte» finissent régulièrement par se jeter dans les bras de ceux qui leur donnent l’impression qu’ils sont enfin écoutés et compris.
Nigel Farage, Donald Trump, Geert Wilders, Marine Le Pen et autres ont su faire croire à ces « laissés pour compte » qu’ils avaient été entendus, compris et qu’on s’occuperait enfin d’eux.
Et je pense malheureusement que c’est ce qui risque bien d’amener Marine Le Pen à l’Elysée.
On a trop souvent oublié que les gens, dans leur ensemble, ont plus besoin d’un boulot, même sans formation.
Ils ont besoin de dignité même s’ils gagnent peu.
Plus que d’une aide qui leur permet tout juste de survivre mais les maintient à côté de la marche de leur pays.
Ils ont besoin d’être partie prenante de leur vie, pas d’être «la cousine pauvre» à qui on donne à manger.
Nozélites, aussi cultivées soient elles ont oublié les phrases de Steinbeck comme elles ont oublié le visage de Henry Fonda dans « Les raisins de la colère »…
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