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dimanche, 27 août 2017

Passy ? Pas ça !

De rien Mab…

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Pivoine me posait quelques questions à propos du XVIème arrondissement de Paris et quelques autres endroits.
Je trouve ça super bien parce que ces temps ci, j’ai du mal à avoir quelque envie d’écrire.
Que je te dise, Pivoine, Passy se signale surtout par l’ennui profond qui se dégage de ses rues.
Évidemment, il y a quelques promenades à y faire.
J’en ai fait certaines.
Évidemment il y a quelques endroits à voir.
Je les ai vus quasiment tous tant ils sont rares…
J’y suis allé enfant, traîné par une grande sœur esclavagiste qui profitait honteusement de ma sœur cadette et moi pour carotter les sous des tickets de métro.
Oui, de métro et pas de bus car à cette époque, le nombre de ticket était égal à « 1 », quel que fut le voyage en métro et le temps qu’il pût prendre.
Tandis qu’en bus, le voyage nécessitait un  nombre de tickets dépendant du nombre de « sections » parcourues.
Aller de la Porte de Clignancourt à la place du Trocadéro aurait bouffé le budget tickets de bus de l’année tant ce coin est mal servi en lignes de bus.
Ma grande sœur décidait donc souvent de prendre les sous des tickets de métro, priant le ciel que ma mère ne lui tendît pas quatre tickets « demi-tarif », les tickets « jaune-et-blanc », en lui recommandant de dire que ma sœur avait trois ans et demi.
Oui, le petit Parisien passe toujours par cette période étrange où il trois ans et demi entre l’entrée à la maternelle et l’entrée au CP…
Revenons à tes moutons, Pivoine.
Nous allions donc visiter l’aquarium du Trocadéro à pied…
Plus tard, dans ce coin d’un ennui mortel, Heure-Bleue et moi sommes allés visiter la maison de Balzac.
À part ça, il n’y a guère à visiter que la Maison de la Radio.
Autant dire rien…
Je me demande encore pourquoi la ville de Paris a tenu absolument à annexer la commune de Passy, sauf pour y envoyer les malades en cure de sommeil.
Le canal Saint-Martin, en revanche est au nord-est de Paris et est autrement animé.
Aujourd’hui  on y peut traîner sans grand danger autre que se faire voler son portefeuille ou son smartphone, comme partout.
Tant qu’on est derrière la place de la République et qu’on s’en va vers la Place de la Bastille, avant qu’il ne devienne souterrain et suive le boulevard Richard Lenoir jusqu’au bassin de l’Arsenal, ça va.
Quand on reste sur ce bord du Xème arrondissement et qu’on va vers le XIXème arrondissement, tout va bien jusqu’à la hauteur de la Gare de l’Est.
Après, les quais deviennent ennuyeux car ils sont garnis d’immeubles modernes, souvent réservés aux services administratifs.
Quand j’étais gamin, en revanche, aller traîner sur les bords du canal Saint-Martin était risqué.
D’abord c’était très laid, les rues en étaient tristes de pauvreté et les immeubles noirs de crasse.
J’avais un copain de lycée qui habitait rue du Terrage.
« C’est à côté de la Gare de l’Est » disait il, ayant un peu honte de son quartier jusqu’au moment où il vit celui où j’habitais.
Après ça a été mieux, les relations plus détendues.
La guerre était finie depuis près de vingt ans mais nous avions la chance toute relative, lui et moi, de vivre dans des quartiers où on avait l’impression qu’elle s’était arrêtée le mois dernier…
Je dois avouer que quand j’allais chez lui, j’en revenais tôt car on croisait dans ce quartier des gens qui vous donnaient envie d’être invisible…
Paris est d’une diversité fantastique quand on y pense.
Un peu comme Bruxelles quand on se trompe de sens du 51 et qu’on se retrouve à Molenbeek au lieu de Saint Gilles en prenant le tram…