Ok

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Ces derniers assurent le bon fonctionnement de nos services. En savoir plus.

vendredi, 18 mai 2018

À la pointe du Raz, finement…

De rien, Mab, de rien…

canard HV.jpg

Lectrices chéries, votre Goût préféré se délite.
Que dis-je, il devient débile.
Hier soir, occupé à préparer du filet de canard accompagné de haricots verts avec lardons et échalotes pour notre dîner, j’œuvrais calmement quand Heure-Bleue regardant une émission m’apostropha :
- Pfiouuu… Minou, le type a une mémoire !
- Comment ça ?
- Petit, il écoutait une chanson et se rappelait que c’était la deuxième sur la face B de son disque !
Elle reprit son souffle et ajouta :
- Tu te rends compte Minou ?
Je réfléchis deux secondes et lui dis :
- Tu te rappelles le coffret du « Festival de musique classique » que mes parents m’ont offert en 1960 ?
- Oui… Et ?
- Il y a un disque à l’enveloppe bleu clair.
- Hmmm ?
J’avais dû l’écouter la dernière fois en 1962.
- Eh bien, il y a dessus l’ouverture des « Noces de Figaro » de Mozart.
- Ah ?
- Oui, c’est la dernière plage de la face « A ».
- Hé bé… Je n’ai pas une mémoire comme ça, moi…
Elle m’a jeté un regard admiratif.
Un regard du genre de ceux qu’elle me jetait en 1971, quand elle ne savait pas encore que je ne valais pas le dixième de ce qu’elle pensait.
Je suis retourné à mes haricots verts mais le doute s’inséra dans mon esprit.
Je suis retourné dans le séjour et me mis à la recherche de ce fichu coffret.
Je l’ai trouvé.
Je l’ai ouvert.
J’ai cherché de disque bleu clair.
Je l’ai trouvé.
J’ai sorti le disque de l’enveloppe.
J’ai vu qu’il y avait bien sur la face « A » l’ouverture des « Noces de Figaro ».
Hélas, trois fois hélas ! Elle ne se trouvait pas sur la dernière plage mais sur la première.
J’ai avoué mon erreur à la lumière de mes jours qui m’a pardonné.
Mon dieu, tout ce qu’elle a pu me pardonner depuis que je l’ai rencontrée…
J’ai hésité un instant entre aller consulter à La Pitié-Salpêtrière et me couvrir la tête de cendres.
Je me suis dit qu’il était trop tard pour consulter.
Je me suis dit aussi que me couvrir la tête de cendres allait me valoir une engueulade.
Alors je suis retourné à mes haricots verts…