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lundi, 26 novembre 2018

Sale défaite…

Ouais, c’est nul mais j’ai d’autres choses à penser…

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J’allais sortir.
J’ai oublié le pain, j’allais pester quand je me suis dit que ma foi, aller faire un tour jusqu’à la boulangerie ne me fera pas de mal.
Et même du bien !
Je n’étais pas sortie depuis plusieurs jours.
Il y eut même un moment où je me suis demandé si je n’allais sortir juste pour me jeter sous le métro.
Je ne me suis pas mise à pleurer au réveil sur mon amour perdu.
J’ai pleuré toute la semaine et en ouvrant les yeux je sanglotais « Il est reparti chez lui ! Plus personne ne m’aimera jamais ! ».
Ce matin j’ai pensé en ouvrant les yeux « Non mais ce salaud m’a plaquée sans préavis ! Non mais quelle ordure ! »
C’est là que j’ai compris que j’allais mieux ce matin.
J’ai décroché la clef de son clou et l’ai posée sur la table pour passer mon gilet.
J’allais remonter la fermeture Eclair quand j’ai entendu des voix sur le palier.
Des voix inconnues qui, me sembla-t-il allaient chez l’autre pétasse du troisième.
Deux voix d’homme.
- Elle est comment ?
- Elle est peintre…
- Qu’est-ce que j’ai à voir là dedans ?
- Elle t’a vu dans les escaliers…
- Et alors ?
- Tu lui as tapé dans l’œil !
Je me suis approchée de la porte, ai plaqué mon oreille contre pour mieux entendre.
- C’est sympa, elle est mignonne ?
- Elle est riche…
- C’est toujours ça de pris !
C’est là que j’ai reconnu la voix.
Sa voix !
L’ordure ! Il me plaque pour aller sauter cette s… du troisième !
Attends un peu quand tu vas redescendre mon p’tit gars !
Ce n’est pas une baguette que je vais acheter, c’est une pelle.
Une vraie pelle de terrassier, l’outil qui te coupe la tête du premier coup !
Quand j’ai entendu la porte de l’artiste de la galipette claquer, je suis descendue acheter mon pain d’un pas léger.
Je savais ce que j’allais faire comme tour pendable à cette vieille peau et à son gigolo.
Demain matin je sonnerai chez elle et quand elle demandera de sa voix de vieille nymphette « huiii qu’est-ce que cééé ? » je lui dirai « vous savez pourquoi j’ai rompu avec Tristan ? »
Elle ouvrira en disant « naaannn ! Diiites moi çaaaa… »
Je vois le dialogue d’ici.
Je lui dirai avec mon air angélique :
- Il était un peu dans la dèche, alors il m’a dit…
- Quoi ? Il vous a dit quoi ?
- J’ose pas…
- Allez, faites pas votre mijaurée !
- Il m’a dit « paraît qu’ya une vieille au troisième qu’est prête à payer pour s’faire sauter ! »
Elle a pris une voix normale pour cracher :
- Non !
- J’ai eu beau dire que non, vous n’aviez pas le genre à avoir un gigolo, il a insisté.
- Et qu’est-ce qu’il a répondu ?
- T’en fais pas ma chérie, tu verras comme on sera heureux avec son pognon ! 
- Le salaud !
- Vous voyez bien pourquoi je l’ai plaqué…
Elle s’est mise à pleurer alors je l’ai embrassée sur la joue en me disant « ça va être chouette demain quand il va se pointer… »