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lundi, 09 septembre 2024

Devoir de Lakevio du Goût N°190

Devoir de Lakevio du Goût_190.jpg

À la demande générale d’au moins deux amateurs, voici de retours des « devoirs de Lakevio du Goût »
J’ai obtempéré aussitôt car habituellement, personne n’a besoin de moi alors imaginez un peu mon amour-propre d’un coup caressé dans le sens du poil.
Bref, « je biche »…
Ainsi, je propose à votre imagination de raconter une histoire qui vous serait inspirée par cette toile de Gustave Caillebotte.
J’espère que nous découvrirons ensemble vos histoires dès lundi matin.
Je suis sûr qu’elles seront savoureuses et sans aucun doute charmantes
C’est la rentrée, lectrices et lecteurs chéris !


Il m’avait dit « Venez mon amie, nous allons pêcher, je suis sûr que vous en reviendrez enchantée ! »
Il m’avait alors jeté un de ces regards qui lui donnaient un air si naturellement gai qu’ils me faisaient sourire rien qu’à le regarder.
Et puis, ce léger défaut de prononciation des accents, qui m’avait séduite quand je l’ai rencontré me charma encore ce matin.
Vous savez bien, ce défaut qui donne aux tournesols une couleur « jone » plutôt que leur jaune habituel, que les roses sont ouvertes à la mesure de la bouche qui en parle même si elles sont en bouton…
Parfois hélas ce défaut modifie sensiblement le sens des mots lorsque l’on confond les marais et les marées…
J’étais heureuse de sa proposition et nous passerions j’en étais sûre des moments délicieux au bord de la rivière.
Le soleil brillait tant qu’il prit son chapeau de paille tressée, son panier, cala une canne à pêche sous son bras et me tendit l’autre pour que je m’y accroche.
Après une courte promenade, nous nous sommes arrêtés au bord de l’Yerres.
La rive était calme et ombreuse, à l’abri de tout regard autre que celui des oiseaux qui pépiaient dans les branches.
Las, il prépara longuement ses appâts sans se soucier d’autres appas, cibles pourtant plus aisées d'accès...
Tandis qu’il ne se préoccupait que de « pêcher » me revint à l’esprit « La maison Tellier », cette nouvelle de Monsieur de Maupassant où une escapade au bord de l’eau de deux jeunes gens donna un résultat autrement intéressant que celui que l'on m’offrait là...
J’aurais peut-être dû me méfier de ce défaut de prononciation si propice aux erreurs d’interprétation et demander quelques précisions sur ce qu’il entendait par ce « nous allons pécher » prometteur et s’est soldé par ce « nous allons pêcher » ennuyeux.
Les rêves se réalisent rarement, je le savais et je l’ai oublié pour une histoire d’accent…