samedi, 14 avril 2007
La maldonne de la gauche.
Une de mes lectrices (pas aussi assidue que je le souhaiterais, mais bon...) me réclame un papier sur Ségolène, papier qu'elle veut probablement aussi méchant que celui que je fis sur notre nain présidentiable (pas si méchant que ça, d'ailleurs, sinon je ne l'aurais pas traité d'énervé mais de cocu, ce qui est bien plus dévastateur en matière électorale).
En homme toujours prêt à rendre service (des fois ça peut servir) je m'y colle.
Pour ce faire, en homme prudent, je me documente sur les mouvements de gauche depuis le milieu du XIXème siècle jusqu'aujourd'hui, et en fait je m'arrête en 1945.
Un trop plein d'inquiétude sans doute...
Depuis 1876 année de fondation de la SFIO, jusqu'à 1945, où il était prudent de cacher son appartenance à des mouvements fascistes si on ne voulait pas gagner son poids en munitions, il semblerait que la majeure partie des mouvements d'extrême droite ait été créée par des lascars virés des mouvements ouvriers communistes ou socialistes pour avoir voulu être califes à la place du calife (ça reste très tendance...).
Tout ça pour remarquer que notre Ségolène a bien du mérite à se démarquer d'un milieu et d'une éducation qui ont plus tendance à la conduire sur les traces d'un Eugène Deloncle ou du colonel de La Roque qu'à servir des repas chauds lors d'un piquet de grève.
Cela dit, il est heureux que son camarade de vie ait, semble-t-il, un solide sens de l'humour car, outre le fait que sa nana en manque cruellement, elle semble supporter aussi mal la contradiction que son concurrent le plus dangereux. Elle a de plus, une voix redoutablement désagréable quand elle n'est pas d'accord avec vous (surtout quand on n'est pas d'accord avec elle...) et que c'est couplé avec un manque de talent tribunicien remarquable, il est à craindre pour un vieux gauchiste comme moi que je doive remettre à ma prochaine vie, non la venue du Grand Soir mais un monde où la férocité entre humains n'est pas érigée en principe de gouvernement.
Mais le plus inquiétant n'est pas là. Ce qui me tracasse c'est sa tendance à sinuer de la gauche (très modérée, rassurons le MEDEF) à la droite la plus stupide (et partant, la plus dangereuse) au gré des faits divers qui émaillent les bulletins d'informations.
Comme le petit Nicolas, elle a des phrases définitives qui, tombant dans l'oreille de minus habens conduiraient ces derniers à pratiquer la ratonnade ou l'exécution d'exploiteur en toute bonne foi.
Sans parler de la suppression des Assedic pour ces fainéantes qui refusent de faire caissière quinze heures par semaine pour un salaire de misère !
C'est vrai, quoi, ne braquons pas le chef d'entreprise qui court le risque de toucher huit millions d'euros s'il met sa boîte en difficulté alors que les dix mille virés l'ont quand même bien cherché .
Z'avaient qu'à faire preuve de discernement en envoyant leur lettre de motivation !
Non mais !
Bref, si vous pensez voter à gauche en votant pour la maldonne des sondages, vous êtes mûrs pour croire que Bush a réfléchi avant d'aller en Irak.
Si c'est pour tenter d'éviter l'autre, là, c'est pas pareil.
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