mardi, 06 novembre 2007
Le dessert des barbares
Il y a un certain nombre de sentences mal comprises dans les Ecritures.
Bon, je n'épiloguerai pas sur "Tu ne tueras point.", conseil avisé qui est tombé en désuétude depuis la nuit des temps.Je voulais m'attacher à une sentence des plus mal comprises: "Malheur à celui par qui le scandale arrive."
Il est vrai que la tournure est assez ambiguë pour donner raison aux deux interprétations qui lui sont habituellement données: Tandis que le justiciable de base pense naïvement que la sentence vise le coupable d'acte scandaleux, le dépositaire de la parcelle d'autorité pense, lui, que la sentence vise essentiellement celui qui le dénonce.
Ce qui est plus gênant, bien sûr, est que c'est systématiquement la seconde qui gagne...
Néanmoins, il arrive que le culot de certains coupables de conduite scandaleuse nous laisse pantois, j'en veux pour preuve la plainte déposée par un édile suite à l'aventure que je m'en vais vous conter.
Un gamin de quelques semaines, un de plus, se trouve sommé d'expliquer à un juge les raisons de sa présence sur le sol de la France, Patrie des Droits de l'Homme, et ce sans les papiers prouvant à l'autorité compétente qu'il en a bien le droit. Mutisme du gamin, à l'exception de quelques pleurs. Relaxe du gamin et des parents. Commentaires acides du juge qui ira jusqu'à parler de "traitement dégradant" au grand dam du préfet qui aurait bien aimé ajouter deux ou trois petites croix à sa liste, histoire d'approcher le score de 25.000 exigé par son patron à look IIIe Reich, modifié 2007 (on retire la casquette et le manteau de cuir mais on garde le reste).
Une conseillère générale remarque aigrement dans un canard que le rapport de gendarmerie indique clairement que c'est le maire de xx...(je ne tiens pas à moisir sur la paille humide des cachots pour avoir dénoncé une infamie), Loiret, qui a courageusement balancé la petite famille à la maréchaussée et, candide, ajoute "Le fait qu'un maire puisse user de la délation avec un tel cynisme m'écoeure littéralement." sans se douter un instant que sa remarque va la rendre célèbre dans les tribunaux...
Ledit édile du Loiret (ça devient une habitude depuis Jargeau et Beaune-la-Rolande), vexé comme un milicien pris la main dans le sac d'un réfugié a eu l'audace de porter plainte pour... diffamation !!!
Il faut avouer qu'il faut un culot de candidat à la présidentielle pour prétendre être diffamé quand on se fait gauler à pratiquer une chose qui, il y a quelques décennies, eût valu à plus d'une d'être tondue.
10:05 | Commentaires (12)

