vendredi, 02 janvier 2009
Ministres des économies du financement
Les vœux de nouvel an d’Heure-Bleue, pleins de poésie et d’optimisme quant à la bonté fondamentale de l’Homme en général et de Nicoléon en particulier, me ramène à mes années de jeunesse, celles où l’année suivante était toujours meilleure que l’année précédente.
J'habitais le Marais, pas très loin de la République.
Le printemps voyait s'y réveiller la nature (qu'est-ce qu'il pouvait y avoir comme filles de joie dans ce coin...) et les revendications sociales. C'était encore "les trente glorieuses".
Un spectacle y était donné régulièrement: La manifestation des ouvriers de Renault qui venaient réclamer des augmentations de salaire pacifiquement, avec les poches des "bleus de travail" bourrées "d'écrous de 25", des trucs capables d'envoyer un gendarme mobile à l'hôpital pour plusieurs jours.
C'était une époque pleine d'espoir où l'esprit primesautier des flics en pélerine poussait le mécontent à améliorer sont record du 100 m.
Bref, rien à voir avec la morosité et la résignation ambiantes d'aujourd'hui.
Il ne serait alors venu à l'idée d'aucun gouvernement de décider de couper les financements de la protection sociale pour assurer les revenus de fonds de pension étrangers.
Pas un Premier Ministre n'aurait osé dire au CNRS de s'occuper de brevets sur les moulins à légumes, autrement rentables que la recherche fondamentale.
Pas un seul Ministre de l'Education Nationale n'aurait osé décréter que l'Université n'était pas là pour dispenser la connaissance mais pour fournir aux entreprises les employés spécialisés dont elle a besoin, surtout pour les envoyer au chômage à peine formés.
Pas un seul Ministre de la Culture n'aurait osé faire des Musées Nationaux des marques commerciales destinées à être rentables au lieu de continuer à tenter d'élever le niveau culturel du Français moyen.
Pas un seul Ministre de la Santé n'aurait osé prétendre qu'il fallait que l'hôpital public fasse des économies sur les soins pour redistribuer les sous au personnel, ce qui permet de quasiment payer le personnel hospitalier "à la guelte".
Pas un seul Ministre de la Défense n'aurait osé envoyer ses soldats au combat quasiment à poil au point que celui-ci doive acheter un équipement digne de ce nom s'il veut avoir une chance de revenir vivant.
Pas un seul Ministre des Finances n'aurait osé (faut dire qu'à l'époque les banques étaient nationalisées...) reduire les impôts des plus fortunés puis pomper dans les sous du contribuable pour renflouer des banques qui ont perdu les sous de leurs clients.
Pas un seul Garde des Sceaux n'aurait osé prétendre que le fichage des gamins dès 13 ans et la taule dès 12 ans allait sans aucun doute améliorer la sécurité d'un pays où une frange de la population est systématiquement maintenue à l'écart de toute chance d'ascension sociale.
Pas un seul Président n'aurait osé, même de Gaulle y avait son compteur EDF perso , tripler le budget de l'Elysée tout en supprimant les avantages du personnel du palais.
Des Finances qui misent sur "le marché" au mépris de l'homme.
Une Justice qui mise sur la répression en piétinant l'équité.
Une Santé qui veut un hôpital rentable au mépris du malade.
Une Défense qui économise en fournissant de la chair à canon.
Une Education qui confond formatage et formation.
Finalement nos ministres ne s'occupent pas de leur ministère, ils font des économies, d'abord sur notre dos...
C'est sans doute l'avantage d'avoir fait faire au pays un grand pas en direction de la réalisation du rêve des fondateurs de la République Française: Liberté Egalité Fraternité.
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