samedi, 03 janvier 2009
L'An caustique...
Vous vous souvenez sans doute de mes démêlés, tant avec Monsieur Scanner que Madame Sécu.
Un problème en entraînant un autre, ma pauvre complexion s"en était trouvée malheureusement assez dégradée pour que la Sécurité Sociale s'en émût.
L'émotion néanmoins,chez Madame Sécu, n'étant pas une vertu chronique, ne la poussa point à accorder ses subsides sans y regarder à deux, voire trois fois.
Après avoir admis à contrecoeur que mon état de santé était incompatihble avec une quelconque activité professionnelle, elle se pencha sur les temps bénis où je m'échinais à assurer les dividendes des actionnaires d'Alcatel. N'y trouva rien à redire.
Une longue expérience à l'étranger troua mon beau CV de petit soldat de la protection sociale.
Madame Sécu s'y attacha et déclara que, bien que leur médecin m'eût déclaré invalide par trois fois, elle se contenterait de m'interdire de travailler mais que, malheuireusement, comme il me manquait vingt heures sur les 25 années précédentes, elle ne pouvait me verser la pension à laquelle l'avis médical me permettait de prétendre.
Pour survivre, libre à moi de choisir à la condition d'éviter tout emploi...
A cette troisième fois je contestai leur décision et, après neuf mois de tergiversations, Madame Sécu déclara que finalement elle donnerait droit à ma revendication et m'accorderait la pension qui me permettrait enfin de vivre grassement aux frais de ces chiens de cotisants.
Je vous rassure néanmoins, 50% de la moyenne des dix meilleures années de salaire ne sont pas grand'chose car, dans sa grande sagesse, la Sécurité Sociale a ajouté la condition qui tue: "Dans la limite du plafond de la Sécurité Sociale et en appliquant les coefficients d'actualisation et réglements en vigueur.". Le tout, sachant qu'en la matière on nous achète l'€uro à 80 cents, ne nous ouvre pas les portes de Taillevent tous les midi...
Cette longue digression pour vous annoncer qu'à cette bonne nouvelle s'en ajoute une autre: La Caisse Primaire d'Assurance Maladie m'appela alors au téléphone, m'expliqua qu'elle m'appelait parce qu'étant désormais invalide elle voulait m'éviter un déplacement.
Ravi de leur sollicitude, je leur demandai le motif de leur appel.
Avec l'ingénuité qui sied à à l'innocent mon interlcutrice m'annonça alors que je devais me rendre à ma Caisse Primaire d'Assurance Maladie muni de ma notification de pension...
Je me passai la main sur les yeux avec l'air désespéré de l'instit qui essaie de faire comprendre les arcanes de l'accord du participe passé avec l'auxiliaire "avoir".
Je gardai néanmoins mon désespoir pour moi et l'assurai que je m'y rendrai dès que possible, voire illico.
Je m'y rendis donc hier matin.
Une accorte guichetière m'écouta quelques instants, pris ma notification, en fit une copie et me la tendis sans un mot.
Vous savez combien j'aime mettre en position délicate les agents de l'administration.
Ces situations curieuses où l'on ne sait trop si l'on est méchant ou simplement de caractère taquin.
L'occasion était trop belle.
Je l'ai saisie au vol.
J'osais lui demander "et ça va changer quoi ?". Elle me répondit "ben...vous serez pris désormais à 100% pour tous vos soins sauf les médicaments à vignette bleue."
Avec mon sourire le plus charmeur je lui dis alors
"Aaah !!! Ben ça alors !! Si j'avais su j'aurais eu mon cancer avant ! ".
Elle éclata de rire.
Puis s'arrêta d'un coup, me regarda et ajouta, l'air vraiment très emmerdé,
"Oh ! Excusez-moi..."
Je lui avais pourri sa matinée, au moins pour une heure.
Je sus alors ce qu'était le bonheur.
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