mardi, 09 juin 2009
Lettre ouverte
Comme j'ai un long entraînement dans la technique du prêche dans le désert, ou de la miction dans un violon, je me suis permis, suite à un commentaire d'Etiam Rides (elle a bien du courage, car il n'y a pas de quoi rire...), d'envoyer un courriel à l'homme qui vient de rétamer Mr Bayrou:
A l'attention de Mr Daniel Cohn-Bendit.
Bonjour,
Je vous connais, de vue et de nom, depuis le 22 mars 1968, nous avons deux ans de différence et nous avons pu constater tous deux à cette époque bénie où la crise était derrière l'horizon, que le CRS entraîné et bien nourri court plus vite et tape plus fort que l'étudiant romantique.
Cette relative proximité me permet d'utiliser un style quelque peu familier pour vous dire que j'ai lu il y a peu que vous étiez partisan du capitalisme (ce qui ne me choque pas, pour avoir vu à l'oeuvre l'alternative stalinienne et ses nombreux avatars...) et du marché (ce qui ne me choque pas outre mesure compte tenu des brillants résultats de l'économie planifiée en matière de bien-être général ).
Cette relative proximité me permet d'utiliser un style quelque peu familier pour vous dire que j'ai lu il y a peu que vous étiez partisan du capitalisme (ce qui ne me choque pas, pour avoir vu à l'oeuvre l'alternative stalinienne et ses nombreux avatars...) et du marché (ce qui ne me choque pas outre mesure compte tenu des brillants résultats de l'économie planifiée en matière de bien-être général ).
Cela dit, votre déclaration « des services comme le téléphone, la Poste, l'électricité n'ont pas de raison de rester dans les mains de l'Etat », m'a surpris et c'est là que l'affaire me chiffonne, surtout venant de quelqu'un dont le QI est mainfestement supérieur à douze.
Dans un monde libéral de bisounours, il est probable que vous ayiez raison.
Dans la vraie vie du libéralisme sauvage et du darwinisme social, je sens assez mal un groupement industriel réalisant une centrale nucléaire, par exemple, résister à la tentation de mégoter sur la sécurité, sachant que celle-ci représente près du tiers du prix de revient de cette centrale.
De même, l'expérience a montré avec les opérateurs privés de messagerie, que la mamie qui habite un hameau reculé à peu de chances de recevoir sa carte de nouvel an, sauf à payer le prix de l'essence et le temps de travail du facteur qui la lui amènera. Idem pour l'électricité ou le gaz: Chaque jour qui passe draine son lot de gens qui, sur la foi de la probable baisse des prix due aux bienfaits de la concurrence, se sont retrouvés avec des factures sans commune mesure avec les factures du tarif réglementé...
Vous me rétorquerez que le tarif réglementé fausse la concurrence, seulement voilà: cette concurrence n'est admise comme fausse que quand le citoyen de base paie un service ou un produit moins cher auprès du public qu'auprès du privé. Il me semblait pourtant que les plus ardents défenseurs de cette concurrence mettaient en avant les avantages incontestables apportés aux citoyens, notamment des prix plus bas. D'ailleurs les industriels qui ont souscrit des abonnements EDF au tarif du marché se sont montrés particulièrement satisfaits d'une hausse moyenne de leurs factures de l'ordre de 40%...
Dans un monde libéral de bisounours, il est probable que vous ayiez raison.
Dans la vraie vie du libéralisme sauvage et du darwinisme social, je sens assez mal un groupement industriel réalisant une centrale nucléaire, par exemple, résister à la tentation de mégoter sur la sécurité, sachant que celle-ci représente près du tiers du prix de revient de cette centrale.
De même, l'expérience a montré avec les opérateurs privés de messagerie, que la mamie qui habite un hameau reculé à peu de chances de recevoir sa carte de nouvel an, sauf à payer le prix de l'essence et le temps de travail du facteur qui la lui amènera. Idem pour l'électricité ou le gaz: Chaque jour qui passe draine son lot de gens qui, sur la foi de la probable baisse des prix due aux bienfaits de la concurrence, se sont retrouvés avec des factures sans commune mesure avec les factures du tarif réglementé...
Vous me rétorquerez que le tarif réglementé fausse la concurrence, seulement voilà: cette concurrence n'est admise comme fausse que quand le citoyen de base paie un service ou un produit moins cher auprès du public qu'auprès du privé. Il me semblait pourtant que les plus ardents défenseurs de cette concurrence mettaient en avant les avantages incontestables apportés aux citoyens, notamment des prix plus bas. D'ailleurs les industriels qui ont souscrit des abonnements EDF au tarif du marché se sont montrés particulièrement satisfaits d'une hausse moyenne de leurs factures de l'ordre de 40%...
Je n'aborderai même pas le sujet des télécommunications, milieu à côté duquel celui de Jurassic Park fait figure de promenade campagnarde de colonie de vacances.
Donc, dans le monde de la vraie vie, si les états laissent aux mains des entreprises privées délivrant des produits ou des services de première nécessité (santé, éducation, énergie, télécoms ou messageries), il y gros à parier que la cupidité et la férocité l'emporteront sur toute autre considération.
Habituellement, le pourfendeur du service public de santé révise son jugement à la première métastase, là, il semblerait qu'il faille attendre que tous les services dont je viens de vous parler doivent être payés sur la cassette personnelle des législateurs pour qu'ils y regardent d'un peu plus près...
Espérant que vous prêterez un peu d'attention au "citoyen de l'Europe d'en bas", pour paraphraser un ex-Premier Ministre.
Cordialement.
07:00 | Commentaires (11)

