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lundi, 13 juillet 2009

Magistrature debout ou magistrature couchée ?

Je lis avec stupeur que "les accusés dont les condamnations sont inférieures aux réquisitions de l'avocat général seront rejugés".

Une justice genre "bon, ceux qui ont pris le maximum, ça va, les autres seront rejugés pour qu'ils prennent le maximum".

L'indépendance de la justice vient donc de prendre un coup de pied de la part de ceux qui sont constitutionnellement chargés de la garantir.
Depuis quand la justice d'un pays civilisé est-elle un outil de vengeance ?

J'avais appris, de Mr Badinter entre autres, que le travail de la justice n'est pas d'assouvir la vengeance des victimes mais de mettre la société à l'abri des agissements des délinquants et d'oeuvrer à la réinsertion de ceux-ci.
Il y a une tentative de récupération pire à mes yeux de mauvais juif d'occasion, athée aussi, mais tout de même: Les représentants des associations juives, alors que normalement on évite de commenter les décisions de justice, se sont mises en tête que si c'est un juif qui est victime, la peine doit être plus lourde que si c'est un quidam quelconque.
Dans ma cervelle, toute imprégnée de l'esprit des Lumières et des idées humanistes de Mr Badinter, il était clair que la loi interdisait quiconque de tuer quelqu'un pour ses convictions politiques, philosophiques ou religieuses.
Que ça rendait le meurtre plus grave dans l'esprit que le crime crapuleux lambda.
Nulle part il n'est écrit ni admissible que c'est pire d'assassiner un juif qu'un musulman, un chrétien ou autre.

Si on peut admettre que la douleur égare la famille ou les proches de feu Ilan Halimi, si on peut comprendre qu'un parent de la victime voue le meutrier d'un proche aux pires tourments, je trouve scandaleux que des politiques ou des représentants communautaires usent des mêmes écarts de langage pour se mettre en avant...