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mardi, 20 octobre 2009

Un quiet...

Bon, j'en ai marre !

On ne parle que de ma fille ici !

Et moi alors ? Je ne compte pas ?

 

J'ai quand même eu un cancer, moi, un vrai !

Un adéno-carcinome du rein.
Un machin à rétropédalage biconvexe à poil dur.

Pas un cancer de chochotte, un truc d'homme.

D'ailleurs, aujourd'hui je suis de sortie.
Aujourd'hui c'est hosto.

Je m'en vais expliquer à ma néphrologue miniature que, comme n'importe quel agent commercial, j'ai atteint les objectifs fixés.

Un taux de cholestérol et une tension artérielle impeccables, ceux d'un gamin de douze ans qui n'a jamais mis les pieds dans un McDo.

Je lui dirai que je ne suis pas un rein avec deux pattes qui ne servent qu’à l’amener devant elle deux fois par an.

Oui, je lui dirai.

Enfin, je ne sais pas, je lui dirai peut-être.
Si elle n’est pas trop susceptible.
Je n’en sais rien. Je vais faire un sondage discret pour vérifier qu’elle a bon caractère.
Le truc délicat, le truc qui montre que je suis un peu tracassé mais pas mal élevé.

La claque sur les fesses par exemple, toujours bien vue et qui montre avec brio que l’intérêt n’est pas feint…

Comme Heure-Bleue m’accompagne mais n’entre pas dans le cabinet avec moi ça « devrait le faire » comme disent les jeunes gens aujourd’hui.
C'est curieux, d'ailleurs. Elle ne m’accompagne que pour la visite au type qui m’a éreinté.
D’ailleurs j’ai un doute, tout à coup.

Il est jeune, brillant, beau garçon.

Et si…

Mais bon, il nous faut quand même attendre six semaines pour avoir une idée plus précise du mal qui frappe ma fille.
Oui, contrairement à beaucoup de belles-mères qui ont perdu un fils, je fais partie de ces beaux-pères qui ont gagné une fille, je marche volontiers par agglutination…