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dimanche, 21 mars 2010

L’anti mythe…

J’ai écouté Xavier, dit Bébert, secrétaire général du parti unique, au soir du 21 mars.
Il nous a expliqué que les Français avaient manifesté leur souhait que les réformes continuent de plus belle.
Face à ce bel exemple de clairvoyance, cet homme qui semble pourtant avoir une formation plutôt cartésienne,  nous a tous éblouis par le brio avec lequel il nous a administré la preuve éclatante que l’homme peut vivre sans cerveau…
Certes avec moins de talent que le célèbre porte parole du même parti unique (emporté par mon élan, j'allais écrit "parti inique", lapsus éclairant), mais tout de même.

Bref, il est ressorti de son discours que les élections se passeraient manifestement mieux pour le pouvoir en place s’il n’y avait pas ces cons d’électeurs auxquels il faut sans cesse expliquer ce qu’ils doivent vouloir au lieu de perdre son temps à écouter ce qu’ils souhaitent.
Si j’en crois notre secrétaire général du parti unique, il faut protéger les Français.
Apparemment, d'après lui, il faut surtout les protéger d’eux-mêmes…
Et, ne s'étant pas aperçu que la campagne est terminée et le résultat patent, il insiste lourdement sur l’identité nationale.
Prenant comme exemple les USA, sans doute persuadé que le ku-klux-klan est au pouvoir...
J’ai très envie de lui dire « mon garçon, tu ne veux pas essayer de te faire élire aux USA ? ».
Ca nous reposerait et ça nous débarrasserait d’un trop-plein d’hommes d’état qui feraient certainement merveille dans les pays qu’ils encensent.
Bon, évidemment pour se faire réélire ici, il lui faudrait mettre de côté des détails gênants dans ces pays modèles, comme une précarité galopante, une criminalité importante, une proportion voisine de 15% de citoyens écartés de toute protection sociale, bref, des pays où la concurrence s’exerce d’abord entre les pauvres pour subsister, les mieux lotis s’étant partagé le gâteau, chez ces derniers, le bouclier fiscal est fourni de naissance, avec la première grenouillère.
D’ailleurs ça vient ici. Le livre de Florence Aubenas le montre assez clairement, où de pauvres femmes sont prêtes à en découdre à coups de poing pour des miettes tandis que ceux qui les emploient leur expliquent comment faire correctement le ménage en sautant de leurs 4x4.

Et, comme d'habitude, nos chantres de la sauvagerie sociale cherchent des coupables et des excuses.
Et s'ils essayaient de chercher des solutions, pour une fois ?