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mercredi, 23 juin 2010

Il nous reste Lisieux pour pleurer...

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Bon, à mon âge on saute ce qu'on peut.
Alors ce mois-ci je saute le pas.

Après six décennies d'attachement viscéral à Paris, malgré une trentaine d'années d'infidélités à vivre un peu partout dans le monde, nous avons décidé, moitié et moi et, étonnamment, cette fois autant l'une que l'autre, et un peu forcés par les évènements et le prix du marché d'aller vivre ailleurs.

Nous nous expatrions à Caen.
Dans une chouette maison de pierre.

Il y a un jardin qui n'attend que nous pour se transformer en jungle inextricable.
Il y a un garage qui n'attend que moi pour se transformer en antre de bidouilleur fou.
Il y a un grand séjour qui n'attend que nos disputes à propos du choix de ce que nous allons écouter et nos chamailleries à propos du niveau auquel l'écouter.
Il y a un escalier qui ne demande, comme celui de Mab, qu'à vérifier la solidité de nos cols du fémur.
Il y a trois chambres, parfaites pour accueillir la petite pendant les vacances scolaires, chambres que nous pourrons mettre à profit le reste de l’année pour y faire dormir en 3x8 une douzaine d'immigrés pour 300 € mensuels par personne et par tranche de huit heures. (à la première rouspétance, hop ! balancé à notre chef des remplisseurs de charters).

De quoi alimenter une retraite qui ne demande qu'à devenir dorée grâce à l'exploitation, aussi éhontée que répandue, de la misère humaine.

Bon, ce n'est pas Versailles, mais c'est assez sympa de trouver, pour moins cher qu'un studio à Paris, une maison de pierre avec trois chambres, un grand séjour, un garage, un jardin et à dix kilomètres de la mer.

Et Caen est une ville quasiment civilisée puisqu’il y a même une Fnac et un Monop'.