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mercredi, 29 juin 2011

Beaucoup d’Aubry pour rien…

Comme je me désespérais de la mauvaise humeur d’Heure-Bleue autant que du manque de succès de mon blog (pourtant merveilleusement écrit, plein d'humour, d'à propos, où la qualité du fond le dispute à la beauté de la forme et tout et tout), l’examen des stats de mon blog - qui m'évite de m'engueuler avec Heure-Bleue qui a l'habitude de me coller sur le dos une mauvaise humeur due essentiellement aux 38°C qui excèdent ses capacités d'adaptation  (« Je pue ! Tout ça c’est ta faute ! », bref, HB dès que ça dépasse 17°C, la polak en Afrique, quoi…)-  m’a permis de remarquer quelques petites choses:
- Il faut commenter, mais ne pas faire que ça.
- Il faut écrire des notes.
Car, manifestement:
- Si on commente, ça fait « grimper » les blogs commentés.
- Du coup, ils viennent chez vous et font monter votre cote.
- Si on n'écrit pas de notes, on s'enfonce dans la couche sédimentaire qui tapisse le fond de Blogspirit (concrétion de mauvaises langues qui n'ont pas eu l'heur de faire rire avec leurs méchancetés).
Bref, il faut s'y mettre. J'ai donc décidé d'abord de m'essayer à l'alexandrin, alexandrin du matin, chagrin:

Pauvre petit oiseau qui tète encore sa mère,
Ne t'en vas pas tout seul, pieds nus dans le ruisseau.

Du point de vue de la métrique, de qualité de la césure, etc., c'est au point. Quelques détails bassement biologiques nuisent néanmoins à la crédibilité qui devrait me hisser au niveau d'un Rimbaud.
Après un essorage neuronal digne d'une discussion avec un commissaire politique, je persiste dans l'alexandrin, alexandrin du soir, désespoir:

Mais qui sont ces couillons qui sur le blog nous saoulent,
Tels des écrivaillons de médiocre valeur.
Emplissant nos écrans et nous bouffant nos heures,
Mais se rendent ils compte qu'ils nous mettent les boules ?

Il faudra qu'à la fin, comme tout un chacun,
Ils se mettent au moins à écrire en français.
Au point que de leurs mots, dont nous faisons les frais,
L'oreille est déchirée par leurs propos de Huns.

Ne voyez pas l'envie, ni le propos acide,
N'y voyez pas non plus le bon mot qui trucide.
Rien que la Qualité, selon ISO 9000.

Cela seul doit guider le bloggeur impétrant,
Pour ne pas se vautrer comme le premier gland
Et dire au premier post: Je l'ai mis dans le mille !

Ça, c’est du sonnet, avec les rimes embrassées et tout.
Deux quatrains et deux tercets, un peu trop académique certes, mais bon, la qualité de fabrication, c’est ça aussi…
Si José Maria de Heredia était encore de ce monde, ses
« Comme un vol de gerfauts hors du charnier natal »
et autres
« Le temple est en ruine en haut du promontoire »
quand ce ne sont pas des histoires niaiseuses de poissecaille qui «fait courir un frisson d'or, de nacre et d'émeraude », l’auraient envoyé direct au Pôle Emploi.

Ah non ?
Bon…