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mercredi, 22 février 2012

Papier de soi

Vous n’êtes pas sans savoir, vu qu’Heure-Bleue l’a clamé urbi et orbi, que nous avons la crève.

Mais il y a mieux. Vous n’êtes pas sans ignorer qu’Heure-Bleue a reconnu une chose étrange, alors que je lui servais une soupe –bien moins bonne que celle qu’elle fait-  faite par mes soins mais moins bien.
Alors qu’il ne faisait absolument aucun doute depuis l'ouverture de son premier blog que j’étais probablement le plus « mauvais malade » de la création, Heure-Bleue, essoufflée par l’effort fourni en s'asseyant, a avoué « je crois que finalement je suis plus chiante que toi quand je suis malade... ».
Les points de suspension sont ceux qu'elle a dits ! Vous savez, ces fins de phrases épuisées que l'on entend s'éteindre.
On ne sait même pas si c'est la phrase qui s'éteint ou celle qui la prononce.
J’ai néanmoins failli échapper la soupière sur le canapé. L’émotion.
Les mains encore tremblantes et la voix chevrotante de surprise, je lui demande « Euh… Tu es sûre ? Tu es prête à l’écrire ? ».
Si Heure-Bleue n’avait pas été malade, elle m’aurait probablement sauté à la gorge.
Non d’ailleurs, pas « probablement », elle m’aurait illico sauté à la gorge.
Elle s’est contentée, du fond de sa chaise, entre deux cuillers,  de dire « Faut pas pousser quand même… ».

Ce matin, après le réveil pénible d’Heure-Bleue, surtout pour moi, les choses se sont un peu améliorées après la prise d’un Doliprane.
Le mieux s’est avéré quand, après s’être assise devant son écran elle a dit d’une voix claire « tiens ! J’ai envie de fumer une cigarette ! ».

La mutation du virus de la grippe qui emmènera Heure-Bleue sur les terres du Grand Manitou n’est pas celle de cette année.

Heure-Bleue semble dotée de ce qu’on appelle dans les milieux de mauvaises langues « une mauvaise santé de fer »…