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vendredi, 22 juin 2012

La loi des reins

Hier, comme tous les ans, je suis allé rendre visite à mon éreinteur.
Ce jeune homme –il a l’âge de mon fils- était comme d’habitude en retard.
En attendant l’arrivée des gens de l’art, j’engageai la conversation avec mon compagnon de géhenne.
Un vieux monsieur –bon, il n’a que sept ou huit ans de plus que moi- dont l’accent m’a frappé.
Il m’apprit qu’il était « d’à côté », de « Ménilmuche », d’où un accent balançant entre celui de Maurice Chevalier et celui de Pierre-Jean Vaillard quand ce dernier présentait « rendez-vous à cinq heures ».
Ça faisait un moment que je n’avais plus entendu l’accent parisien, le vrai, exterminé par la neutralité du parler audiovisuel.
Cette brève incursion dans les années cinquante finit avec l’arrivée, non de l’éreinteur, mais de ses élèves.
L’une d’entre eux, une jeune externe, m’appela.
J’oubliai pour un temps le rein, objet de ma visite, car cette externe avait, pour ce que j’ai pu en deviner d’après le relief de sa blouse,  de très jolis poumons.
Au point que l’arrivée de mon éreinteur, devenu Professeur, faillit passer inaperçue.
Il y a des instants comme ça, où on souhaiterait être reçu trois fois par semaine…
Il me trouva dans un état inespéré et remplit avec enthousiasme une ordonnance demandant « en avril 2013, TDM thoraco-abdomino-pelvienne pour contrôle à sept ans d’une néphrectomie élargie droite »

Bon, pour mes pièces, de plus en plus détachées, ça va, merci…