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samedi, 15 septembre 2012

L'arrivée du printemps...

Il est temps qu’Heure-Bleue arrive, la contemplation de « harutz esrim vé shtaïm » chaque soir commence à être pesante.
 « harutz esrim vé shtaïm » est l'équivalent d'Arte, où on parle hébreu comme les speakers des années cinquante parlaient le français à la radio, lentement et correctement. Ça aide énormément pour apprendre.
 J’ai beau faire l’effort de mettre la table et préparer un frichti histoire de ne pas vivre comme un clochard, les heures ne passent pas.
Surtout, éviter de manger à même la boîte que l'on rincera pour y mettre le café le lendemain matin. Si on n'y prend garde, on tourne vite SDF avec DF...
Hier, coup de téléphone à ma mère, ça a tourné court.
Ma mère a un sens de l’humour limité. Quand elle a décroché, par réflexe j’ai dit « bonsoir maman, tu vas bien ? », pour la première fois depuis au moins quarante ans elle a dit « oui, ça va ! ».
Je n’ai pas pu m’empêcher de dire « Oh excusez-moi madame, je me suis trompé de numéro !» et j'ai raccroché.
Il a fallu attendre deux jours avant de pouvoir lui parler.
Il faut dire que ma mère ne va jamais.
Elle ne dort jamais, sauf quand on sonne chez elle et que du coup elle n'ouvre pas.
Elle ne mange jamais, sauf quand on arrive à l’improviste et qu’elle engouffre les pots de 250g de riz au lait, elle a du diabète mais se suicide au riz au lait...
Elle ne respire pas mais est intarissable et ne manque jamais de souffle quand il s’agit de médire de Heure-Bleue.
Bref, ma mère est infernale.
Mais comme on n'en a qu'une, je fais avec...

Aujourd’hui, est un grand jour, c'est celui tant attendu où il me faut aller chercher Heure-Bleue à l’aéroport Ben Gourion à Lod.
La température est douce et la soirée agréable. Le taxi m’a raisonnablement volé à l’aller « meter be va kasha ! » - « le compteur, s'il vous plaît ! »- est l’injonction obligée et souvent peu suivie d’effet. Au retour, bien que surveillé comme le lait sur le feu par la police de l’aéroport, le chauffeur m’a encore grugé mais je m’en moque, Heure-Bleue est là.
Elle a, comme d’habitude trop chaud mais elle supporte la douceur de la soirée. Ses bagages posés, nous allons dîner chez « mi vé mi », probablement le meilleur filet de porc que nous ayons jamais mangé…
« Tu n’élèveras pas de porc sur la Terre d’Israël » a enjoint Adonaï un jour où il avait envie de donner une occasion supplémentaire de pécher.
Grâce à Lui, Adonaï, censément omniscient, n’avait pas prévu la dalle de béton qui permet d’élever les porcs localement sans enfreindre la « halakha », du moins la lettre.
De toute façon, s'il y a quelqu'un avec qui on peut prendre des arrangements sans risque, c'est bien Adonaï...
Le dîner fut délicieux, la soirée plus encore, la vraie surprise fut pour le lendemain…
La température était d’environ 25°C le soir.
Le lendemain midi, elle atteignait 45°C.
J’admirais Heure-Bleue qui n’a pas fondu mais a néanmoins réussi à trouver suffisamment d’énergie pour pester après ce climat dont la température étouffante lui fait dire qu’il lui donne une idée de ce que devaient ressentir les « Sonderkommandos »…