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jeudi, 29 novembre 2012

Les choses de la vie…

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Hier, accompagné de Manou, j’ai emmené Merveille au Palais de la Découverte.
Heure-Bleue, que les sciences rebutent et qui leur préfère les arts est restée à la maison.
Pour donner un côté plus rationnel que le feeling sur les manèges à la formation de Merveille à son boulot de fille, je l’ai emmenée voir l’exposition « Bêtes de sexe ».
Tout a très bien commencé.
Dans le bus, déjà, Merveille à ouvert mon blouson, a appuyé sa joue contre mon pull de cachemire en me jetant le genre de regard qu’elle a utilisé contre –j’ai bien dit « contre », ce n’est pas un regard, c’est une arme !- le gamin du Jardin d’Exploitation.
Vous savez bien, mais si, les yeux légèrement levés vers le ciel, le regard un peu vague de la Madeleine du Titien.
Comme si ça pouvait marcher sur Papy et son cœur de pierre !
Cartésien comme vous me connaissez, j’ai dit à Merveille « Ça, c’est du confort, non ? ».
Que croyez-vous que répondit Merveille ?
Utilisant pour la seconde fois son arme favorite, Merveille, se colla plus fort encore et me susurra « C’est du confort, Papy… Mais c’est aussi de l’amour…», petite peste, va…
J’appris, au cours de la longue conversation qui suivit, qu’elle était amoureuse de l’un –le locataire de « la chaise des punis »- qui avait disparu de l’école tandis qu'un autre était amoureux d’elle mais ne l’intéressait pas du tout et qu'elle se demandait bien ce qu'elle allait pouvoir faire de l'encombrant.
Je dois avouer que j’étais un peu inquiet, non pour l’avenir de Merveille, qui me semble assuré dans les relations humaines, mais pour la visite au Palais de la Découverte.
Maintenir l’attention d’une petite fille de cinq ans pendant un long moment n’est pas si aisé, surtout sans jeu, sans sortie, sans bonbons ni limonade, bref toutes ces petites choses qui font passer le temps aux enfants.
Eh bien Merveille a été passionnée –je vous l’avais dit, cette petite tient de Papy pour les choses importantes de la vie- et est restée pendant plus de trois heures dans l’enceinte du Palais.
Fort intéressée qu’elle fut par les images, les clips vidéo d’animaux très occupés, par la lecture commentée que lui faisait son grand-père préféré des panneaux apposés aux vitrines renfermant des bestioles aussi bizarres que l’échidné ou le spectacle de deux renards « cul-à-cul ». Elle posa des questions pertinentes en regardant deux hérissons en train de perpétuer leur espèce, du genre « il ne se pique pas le zizi ? ».
Ce qui m’a le plus surpris, fut de la voir, tranquillement assise sur un banc, regardant deux singes en train « de conclure » comme dit Guy Bedos dans « La drague ».
Pas un sourire, non, pas gênée du tout, non. Simplement prodigieusement intéressée et admirant le spectacle avec l’attention de l’entomologiste. Le goût de l’étude semble génétique dans cette famille…
Nous y avons passé plus d’une heure, à lire, à commenter, à expliquer, à être ébloui par les mécanismes inventés par dame Nature pour améliorer les espèces –il semblerait que seule l’espèce humaine soit un échec…-.
 

Nous avons passé l’heure suivante avec une Merveille passionnée par l’astronomie, la lumière et ses effets et, tout  comme votre serviteur, lectrices chéries, par l’électrostatique.
Je l’imagine assez bien d’ici une douzaine d’année, jouer à faire semblant d’avoir peur des feux de Saint-Elme avec un petit camarade qu’elle aura roulé dans la farine en deux regards et finalement foudroyé.
Bien fait pour lui, il n’y a pas de raison !
A propos d'électrostatique, j’ai rencontré dans le couloir un vieux prof de physique dans l’allée et lui ai demandé où était passée la pancarte qui donnait l’équation de Maxwell dont je vous ai parlé il y a peu.
Il m’a répondu, navré lui aussi, qu’elle avait été décrochée il y a des années et qu’il n’y en avait plus qu’une petite reproduction au milieu d’autres sur un des murs. 
Nous avons terminé la visite avec le cours d’un chercheur  sur les méthodes utilisées pour déterminer les modes de survie des grenouilles.
Elle est restée béate pendant cette petite heure.
Ce fut si bien qu’elle ne fut tenaillée par une grave envie de faire pipi qu’arrivée près de la maison.
Cette Merveille est une merveille vous dis-je…