vendredi, 28 décembre 2012
Fin de mes émeutes et de mes émois.
Pour ajouter à mes tracas d’ordre sportif et estudiantin, j’étais aussi travaillé par d’autres soucis, rien à voir avec les exams, toutefois.
J’avais au cœur la crainte que celle qui occupait les pensées –et les mains- de votre serviteur ne le plaquât pour le plus grand bonheur du premier maoïste venu, sans doute un traître à la cause du peuple.
La suite donna raison à mes angoisses.
La trahison me laisse le cœur brisé, la cervelle vexée et les convictions politiques ébranlées.
Cette hyène se maqua avec un social-traître, griffant férocement mon amour-propre.
Il est en effet assez vexant de constater que le changement de bras de votre petite camarade se passe sans soulever d’état d’âme particulier chez la traîtresse.
Etonnamment et contrairement à toutes mes observations depuis des années, elle, pourtant claire, se rua avec un manque de discernement confondant, dans les bras de ce bellâtre blondasse aux yeux bleus, l’idiote…
Elle reste dans ma mémoire comme l’exception qui se doit d’exister pour confirmer toute règle un peu sérieusement établie.
Mais « il a de si beaux yeux, je ne peux résister que veux-tu » dit-elle, la s...
Il est vrai que sur ce plan, je ne pouvais lutter, je ne disposais hélas, que d’un bel œil, l’autre n’ayant pas résisté à mon goût pour les sciences pendant ma première cinquième…
Bref, cette blessure guérit d’autant plus facilement que c’est l’âge béni où l’on peut avoir trois chagrins d’amour par semaine sans risquer la valvulopathie.
Nous souffrions de tas d’insuffisances mais pas d’insuffisance cardiaque.
Notre insuffisance la plus marquante restait l’insuffisance de moyens…
On nous parle sans cesse des « élans du cœur », on ferait mieux de nous parler de son exceptionnelle résistance aux mouvements d’humeur des filles…
En y repensant, quoique d’un caractère peu enclin à pleurer sur le lait renversé, je reprendrais bien un peu de ce mois de mai 68, surtout qu’à l’époque, ce qui m’empêchait de courir, c’était la flemme, pas la clope…
Et puis, contrairement à ces temps-ci où on hésite à réclamer le droit à survivre, c’était une époque où l’on réclamait avec force le droit à vivre.
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