lundi, 14 janvier 2013
Le féminin pluriel
Ce délicieux titre m’a été gracieusement donné par Heure-Bleue qui lit et relit Benoite et Flora Groult.
Une Heure-Bleue que je commence à jalouser sévèrement car le « chef des titres », lectrices chéries, normalement c’est moi !
C’est vrai quoi, qui c’est l’homme, hein ? Qui c’est qui pisse sur l’évier ?
C’est quand même « la » preuve indiscutable de la mâlitude, non ?
Vous en souvenez vous ? Je vous parlais il y a peu de Madame Elisabeth Badinter.
Je l’écoutais parler du féminisme et du machisme ainsi que des causes profondes et souvent cachées de leur émergence.
Pour avoir lu il y a des années « L’Un est l’Autre » sur les conseils, parfois avisés, de ma libraire préférée, je savais depuis longtemps qu’Elisabeth Badinter, si elle n’était pas une partisane forcenée du machisme, n’était pas non plus femme à confondre le féminisme et la misandrie, encore moins l’égalité et l’identité –ce qui m’arrange bien-.
Elisabeth Badinter, abordant l’éducation dite « non sexiste » disait que, quoi qu’on fasse, il y a un moment dans l’enfance où les petites filles ne veulent jouer qu’avec des petites filles et les petits garçons qu’avec les petits garçons.
Toutes les tentatives pour abolir cet état de fait ont échoué disait-elle, pensant sans doute à la tentative suédoise d’abolir le genre à l’école.
Il est à mon sens, assez avisé qu’à un moment ou un autre, ceux qui ont charge des enfants s’aperçoivent qu’ils ont affaire à des mammifères sexués, ce qui implique assez fortement que l’espèce comporte des mâles et des femelles et que leurs centres d’intérêt, leurs craintes et leurs désirs diffèrent…
Elisabeth Badinter avait la conviction, sage me semble-t-il pour ce que j’avais observé, que pour qu’un homme devienne un homme convenable, pas « machiste », il fallait qu’il soit sûr de son identité virile.
Elle ajoutait que les hommes qui n’en n’étaient pas certains était les pires machistes qui soient.
Quand on est sûr de son identité virile, on peut alors faire place à sa part féminine –ce qu’elle appelle « sa bisexualité psychique »- sans que ça ne pose un problème quelconque.
D’ailleurs, comment croyez vous qu’on l’acquiert ? Si ce n’est en vous écoutant, vous admirant… J’allais ajouter « vous aimant » mais je me suis souvenu qu’Heure-Bleue a sa part masculine.
Part qui me semble tout à fait capable de manier le couteau à désosser…
En y réfléchissant un peu –dans la mesure où je peux- je me dis qu’Elisabeth Badinter n’a pas tort.
Sauf à tenter de montrer sans arrêt qu’on a une paire c… entre les oreilles, signe d’une éducation ratée à coup sûr, j’en viens à me demander si ceux qui occupent leurs fins de soirée à « casser du pédé » ou à baffer leur compagne sont finalement si sûrs de leur virilité…
J’ai d’ailleurs souvenir d’images récentes à la télévision où des opposants au « mariage pour tous » avaient agressé des femmes du mouvement « Femen ».
Ce qui m’avait alors frappé, c’était le visage déformé de ces hommes face aux torses nus des femmes qu’ils molestaient alors que ce qui m’avait frappé c’est qu’ils auraient dû être béats d’admiration, tant devant leur courage que devant les torses en question.
Une chose était évidente : Ils en avaient peur. Peur des femmes.
Ces « éternelles tentatrices », monstres séduisants auxquels l’homme, surtout votre serviteur, n’a fort heureusement jamais pu résister…
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