Ok

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Ces derniers assurent le bon fonctionnement de nos services. En savoir plus.

mercredi, 27 mars 2013

Le vain me saoule…

Tiens, ça faisait longtemps que votre Goût préféré n’avait pas pesté en écoutant la radio.
Oui, je suis désolé mais j’écoute la radio. Il y a bien longtemps que j’ai renoncé à trouver une information quelconque en écoutant J.P.Pernaut, sauf à être intoxiqué à la doctrine du « ya trop d’charges ! » qui naît dans tout reportage, qu’il s’agisse du « ferronnier d’art qui ne s’en sort plus à cause de la fiscalité » ou du patron de PME « noyé sous les charges et mis à genoux par les RTT ».
Donc, dans ce qui sort de bavardage de mon poste, un mot commence à me sortir par les yeux.
Il en sort avec d’autant plus d’énergie que je ne me rappelle pas l’avoir entendu une seule fois dans son acception correcte.
Je veux vous parler de « la problématique ».
Aaaahhh ! La problématique ! Ce délicieux substantif né pour meubler l’ignorance de ceux qui n’ont rien a dire sauf à nous détailler des faits divers dont on n’a rien à cirer…
Oui mes chéries ! Il n’y a plus de problèmes, il n’y a plus que des « problématiques ».
C’est probablement la raison pour laquelle les problèmes les plus cruciaux du moment sont, et pour longtemps encore, non résolus.
Ces aficionados du contresens me donnent l’impression d’avoir oublié leurs premiers cours un peu « pointus » de philosophie ou de sciences.
Il m’arrive même de me demander s’ils y ont assisté et s’ils n’ont pas préféré aller papoter au bistrot à côté de la fac.
Voire s’ils ont jeté un regard sur les polys desdits cours.
Parce que nous seriner à longueur d’émission que « la première chose à faire c’est de résoudre la problématique de l’illettrisme » c’est juste se foutre du monde.
Pas une ni un de ces bourreurs de crâne ne semble s’être donné la peine d’aller vérifier s’il y avait une différence entre « problématique » et « problème » et en quoi elle consistait, sinon on ne nous proposerait pas de « résoudre la problématique ».
Et je fais preuve là d’une indulgence coupable car ces aimables farceurs ont coutume de nous asséner sans sourciller du « solutionner la problématique » comme s’il en pleuvait.
J’attends avec impatience le moment un auditeur pas trop avisé aura fait remarquer qu’on ne dit pas « une problématique solutionnée » mais « une problématique résolue ».
Vous pouvez être sûr qu’on va alors entendre régulièrement « il faut absolument résolver la problématique du moment ».
Et ça va pleuvoir d’autant plus fréquemment qu’avec leur sens aigu du contresens, il existe en anglais le mot « resolver » qui n’a rien à voir avec « résoudre » mais est un avatar de « résolution » au sens de « pouvoir séparateur » …
Vous pariez ?