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dimanche, 28 avril 2013

Aujourd’hui je vois la vie en rosse…

Lectrices chéries, je vais vous parler d’amour.
Enfin non.
Puis si. Mais pas comme d’habitude. Enfin si, mais à propos d’habitude justement.
Enfin non, pas d’habitude mais de durée.
Ne rêvez pas, vous n’aurez pas de détails. Enfin pas à la façon de Musso. Oui, je sais, je n’aime pas Musso, le peu que j’en ai lu et l’extrait que j’en ai entendu me pousserait presque à lire Marc L. Dommage qu’il ne sache pas écrire celui-là, s’il avait écrit je l’aurais peut-être lu.
Même sa quatrième de couverture a été écrite par un nègre. Enfin, un aigle. Non, pas « un oiseau de couleur », un rapace. Un rapace du marketing.
Mais ce n’était pas de ça que je voulais vous parler.
Vous avez vu ? J’ai toujours été lesbien.
C’est bien ce qu’on dit de quelqu’un qui aime passionnément les femmes, non ?
Quelqu’un dont les préférences le poussent de façon irrépressible vers elles.
Une véritable assuétude, vous dis-je !  
Donc, j’ai toujours été lesbien, disais-je. Au point que j’en viens, à titre d’exemple, à écrire comme Heure-Bleue parle, c’est dire !
C’est parfois assez décousu et je dois avouer que malgré des décennies d’entraînement je ne vois toujours pas où elle veut en venir quand elle commence une conversation.
Un peu ce que vous devez ressentir, vous qui êtes en train de me lire, en somme...
Vous voyez comme ça peut-être agaçant ?
Eh bien voilà justement où je voulais en venir.
Toutes ces petites choses, tous ces petits machins qui vont de travers dès le début, et qu’on trouve absolument, si ce n’est merveilleux, du moins attendrissants et vous font, par réflexe vous jeter sur votre petite camarade dès que vous en percevez l’expression.
Eh bien par moment, ces petits machins vous donnent envie de la jeter par terre et de danser dessus.
Mais le pire n’est pas là.
Il est normal pour un homme normalement constitué, quasiment cartésien pendant au moins une demi-heure par jour, de lever les yeux au ciel en se demandant ce qu’il a bien pu commettre comme bévue dans une vie antérieure pour qu’il lui tombe une compagne dont on se demande bien ce qu’elle voulait dire quand elle commence ses phrases par « Oui mais non, enfin ou plutôt si… Tu vois ? ».
En revanche, je me demande bien ce qui peut se passer dans l’esprit de la camarade quand elle souriait, tendrement si ce n’est niaisement, alors que d’un geste malhabile je jetais mes chaussettes qui atterrissaient, disparates, une à côté du panier à linge et l’autre dans la baignoire dans laquelle elle flemmardait.
J’ai cru remarquer que, depuis un certain temps, elle a un soupir d’agacement quand elle les ramasse à côté du panier pour les mettre dans la machine.
Que s’est-il donc passé ? Même pas un demi-siècle ! Autant dire rien ! Que dalle ! (ça, je n’ai jamais su comment ça s’écrit, ça fait partie des machins qui se disent, et encore, pas partout.)
Pourrait-on en déduire, abusivement j’en suis sûr, que l’idiote qui a écrit « En amour on plaît plutôt par d’agréables défauts que par des qualités essentielles » s’est lamentablement plantée ?
A moins que… En y réfléchissant un peu…
Peut-être Ninon de Lenclos a-t-elle eu raison et, si ça se trouve, Heure-Bleue se demande en ce moment même s’il n’y a pas quelqu’un quelque part avec des défauts qui lui plaisent plus que les qualités de son petit camarade de vie.
Qui est pourtant parfait, je vous l’ai dit il y a peu, très peu.
Bon sang ! Allez donc savoir…