samedi, 27 avril 2013
L’amie molette…
« Minou ! » m’a-t-elle intimé jeudi, alors qu’il faisait beau, « il faut que tu fasses les carreaux ! »
« Ouais… » ai-je-dit d’un ton aussi convaincu que J.M.Ayrault quand il parle de réduire le chômage.
- Si, si, il faut !
- Demain, d’accord.
J’ai été sauvé par le gong. Il a plu hier. Et quand il pleut on ne fait pas les carreaux.
Elle s’est vengée quand on est revenu de chez le médecin.
Déjà, dans le bus, j’aurais mieux fait de me taire.
J’ai écouté les gamines debout à côté de mon siège.
L’une disait d’une autre « Waouh, comment elle est amoureuse ! »
J’ai souri et tendu l’oreille.
Une autre a surenchéri « Ouais ! chan-mé ! Elle est grave amoureuse ! Grave ! »
La troisième était occupée à échanger des SMS avec l’élu.
J’ai répété ça à la mienne, d’élue.
C’est là que les mômes se sont déplacées dans le bus et qu’Heure-Bleue à remarqué « Je vois pourquoi tu as remarqué… »
- ???
- Oui, la petite rousse, c’est une claire, et me dis pas que tu ne l’avais pas vue…
Je me demande si la suite n’est pas une forme de représailles.
Nous sommes arrivés à peu près à l’heure de préparer le repas.
- Tu veux des haricots verts ?
- Non, ça ne me dit rien, j’en ai marre des haricots verts.
- Bon, tu veux quoi ?
- Je ne sais pas.
- Ben oui mais si tu veux des plats plus élaborés…
- Minou, je vais me remettre à faire la cuisine, c’est pas bon ce que tu fais.
- Bon, des petits pois avec des carottes, un oignon émincé et un peu de coriandre hachée ?
- Non, je veux des haricots verts.
- Avec de l’échalote revenue, du persil haché et pas beaucoup de sel ?
- Oui mais bon…
- Avec quoi ? Il y a du jambon, du poulet…
- Le jambon me sort par les yeux et j’en ai marre du poulet.
- Tu ne pouvais pas le dire pendant qu’on était au Monop’ ?
- Ben je ne savais pas ce que je voulais, rien ne me disait.
- Finalement, tu veux quoi ?
- Ben, des haricots vers avec les aiguillettes de poulet, c’est bien.
Elle réfléchit deux secondes.
- Et comme hors d’œuvre ?
- Il y a des tomates « cœur de bœuf », du saucisson sec et des œufs en gelée.
- Pas de tomates et je n’aime pas le saucisson sec…
- Bon, l’œuf en gelée, alors.
- Je ne sais pas, oui, mais non, mais si…
Il y a des jours comme ça où je ne la tuerais pas, non.
Mais l’idée de la jeter par terre et de la piétiner me paraît, en revanche plutôt séduisante…
Vous savez ce qu’est être marié avec une femme censément pragmatique et qui sait ce qu’elle veut qui se révèle parfois une ado sexagénaire ?
Bon, je ne vaux pas plus cher mais je suis stable.
Je n’ai jamais atteint la stabilité, ce qui est une forme de continuité, je n’ai pas grandi depuis qu’elle me connaît.
Elle range et je fous le bordel. Je salis, pas elle –sauf son pull bleu, dit « le pull à taches » qu’elle ne peut porter plus d’une heure sans le décorer façon maréchal russe- .
Elle s’est habituée.
Enfin je crois…
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