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lundi, 13 mai 2013

Memories...

« Mais non, nous n'allons pas déménager, il vide seulement les placards des traces épaisses, colossales et lourdes de ses études et sa carrière ! Voilà ce que c'est de ne jamais bouger ! »

Pense naïvement Lakevio sur le blog d’Heure-Bleue.
Comme si Le Maître –Aaaah ! Que j’aimerais qu’Heure-Bleue m’appelle « Mon Maître »…- était d’une essence particulière.
Genre extra-terrestre.
Mais non Lakevio, ne te fais pas de film !
Le Maître de ton âme est comme les autres, même les « pas-maîtres ».
Tu veux que je te dise ?
Eh bien je vois ça d'ici.
Attends que je t’explique :
Il va faire deux tas.
Les choses à jeter et les choses à garder.
Les choses à garder à gauche.
Les choses à jeter à droite.
N’y vois rien de politique, le geste naturel pour balancer se fait de la main droite, tel le geste auguste du semeur.
Au fur et à mesure des jours, tu vas voir le contenu des étagères disparaître.
Il sera par terre, réparti de façon inégale et changeante entre les deux tas précités.
Il va y avoir une seconde vérification.
Cette seconde vérification est toujours utile quand il s’agit de mettre à la poubelle toute une vie de passion et de travail.
Tu verras alors les deux tas changer de forme et de hauteur.
Les choses vont ainsi continuer à changer de tas au fur et à mesure que les jours passent.
Les tas vont croître en hauteur.
Et probablement en surface.
Au bout du compte, si j'ai écouté attentivement Le Maître quand nous discutions, je vais te dire ce qui va rester des deux tas.
Les choses à garder réintègreront les étagères après une promenade de quelques jours qui leur aura valu un époussetage qui va pourrir, à ton grand dam, le reste de l’appartement.
Le tas de choses à jeter sera, quant à lui, un petit ramassis de six feuillets.
Regarde bien, tu y trouveras :
- Une facture des éditions Eyrolles de 1974.
- Une facture des éditions Masson de 1985.
- Quatre tickets de Franprix posés sur une étagère après rangement des courses faites par Le Maître et égarés là au hasard du vidage des poches…