vendredi, 16 août 2013
Ascenseur pour les fachos…
Ce matin, je lisais la note de Clodoweg qui relatait ses menus plaisirs de clopeur satisfait par la cigarette électronique.
Evidemment, son plaisir était atténué par le fait que rien ne vaut la vraie « goldo », la « qui râpe » mais compensé par le plaisir de voir que chaque bouffée de son petit chauffe-eau ne rapportait pas un cent à l’état.
Il remarquait aussi que là où travaille Sylvère, la « cage fumeur » était une espèce d’aquarium dans lequel il était interdit d’installer un confort aussi rustique qu’une table et une chaise. La chaise seule était même interdite.
Pourrir la vie du fumeur lui semblait être le but principal de ces interdictions stupides.
La remarque m’a fait penser à notre inénarrable « accidentologue », celui qui nous a expliqué pendant des années que l’idée même de fumer allait nous trouer les éponges à coups de pinces de crabe.
Cet intégrisme fascisant, cet entrain à nous protéger de tout, surtout de nous mettre à l'abri du plaisir m'exaspère. Aaaahhh... Plaisir coupable, forcément coupable.
Ce couillon dangereux qui veut nous ramener à l’époque bénie où les trains anglais devaient être précédés sur les voies par un piéton agitant une cloche afin de nous prévenir tout danger d’être écrasé par ledit train.
Cet aimable cinglé pour qui toute idée autre que passer sa vie en état d’hibernation était pleine de dangers qu’il fallait absolument éviter.
Tout ça, bien sûr, grâce à une obéissance obséquieuse aux conseils de « ceux qui savent. »
En y regardant de plus près, je constate que ce qui tracasse le plus nos fondus de la santé, ce n’est pas que nous soyons de santé précaire, du moment que nous mourons tôt, brutalement et sans soins dispendieux qui réduiraient à néant les économies dues à notre trépas.
Ne les intéresse pas du tout le fait que nous soyons en bonne santé, que ce soit grâce ou non à leurs conseils qui sont plutôt des oukases.
Non, ce qui les tracasse, c’est que nous puissions prendre plaisir à l’une ou l’autre de nos occupations.
Vous ne mangez plus, vous vous nourrissez. Et il est bien vu que vous vous rappeliez à chaque tranche de saucisson qu’elle concourt activement à vous boucher les artères.
Vous ne vous baignez plus, vous exercez une activité physique. Et il est bien vu que vous songiez à tous ces petits muscles qui vont vous permettre de ne pas agrandir le trou de la Sécu car ils ne seront plus entrelardés à coup de ces vicieux lipides qui vous font grossir, pardon « vous mettent en situation de surpoids ».
Le verre de vin que vous prenez à table ? Ne le goûtez pas avec délectation.
Il ne doit être que frustrant, dès que l’envie vous prend d’en déguster un second, songez qu’il ne sert qu’à limiter le risque d’accident cardiovasculaire.
Ce truc qui vous guette si vous vous contentez de vous promener ou de vous baigner avec plaisir au lieu de « prendre de l’exercice qui est si bon pour la santé ».
Quant au câlin, ne rêvez pas, il n’est pas question d’amour. Si vous vous y livrez, laissez tomber cette histoire de délices, songez plutôt à la production d’endorphines et d'ocytocine, mesdames, qui vous mettent dans de si heureuses dispositions. Vous messieurs, pensez seulement que ça va retarder l’inévitable « hypertrophie bénigne de la prostate ».
Dans tous les cas, messieurs, on va vous seriner « faudra surveiller ça pour éviter le cancer de la prostate »
Un de ces mandarins, sans doute sortant de la messe où on lui avait rappelé que « le péché de chair » -traduisez « faire un câlin sans faire d'enfant »- vous envoyait illico en enfer, avait affirmé y a quelques années, avec un sens du ridicule consommé « une femme avec une vie sexuelle normale n'échappera au cancer du sein que pour risquer le cancer de l'utérus. »
En fait, je me demande si notre bande de fondus de la santé ne cherche pas uniquement à supprimer la notion de plaisir de notre existence déjà pas drôle tous les jours.
Leur véritable ennemi semble être ce qu'ils considèrent comme une maladie et est connue sous le nom de « joie de vivre »...
Ont-ils pensé seulement qu’on peut mourir d’ennui ?
On peut donc assimiler leurs conseils à des tentatives de meurtre et qu’ils risquent une inculpation sous le chef de « mise en danger de la vie d’autrui » ?
Qui a parlé de syllogisme ?
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