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mercredi, 18 septembre 2013

Lavage qui rit…

J’ai parfois, enfin, on va dire souvent, des problèmes avec Heure-Bleue.
Elle est plutôt « soupe au lait » et moi taquin –ce qu’elle traduit souvent par « emmerdeur »- d’où ces chamailleries.
Je passe sur la nervosité bien compréhensible d’une Heure-Bleue, prête pour la première fois de sa vie à faire des économies pour être en mesure de financer l’achat de cette Kalachnikov censée rendre ses nuits silencieuses à défaut d’enchantées.
Certains problèmes sont récurrents. C’est souvent ma faute si ça tourne mal mais il y a des perches que je ne peux m’empêcher de saisir. Et c’est ainsi depuis des années, que dis-je, des dizaines d’années.
J’écoute, par exemple, des émissions ou regarde des films qui lui semblent totalement abscons.
Elle me dit alors que j’aime les choses chiantes.
Et elle se ravise toujours trop tard…
Elle s’en rend toujours compte à mon regard.
Elle attend toujours à ce moment là que je lui dise « Je le sais bien, je t’aime… »
J’ai déjà fait. Ça fait des histoires.
Et justement dimanche alors que j’écoutais « 3D » l’émission censément « intello » du dimanche sur France-Inter, ça n’a pas traîné, elle m’a dit « Pfff… Tu aimes les choses chiantes… »
Mais là elle a immédiatement ajouté « si tu me le redis je te gifle ! »
Je n’ai donc rien dit. Si si, il m’arrive de me taire…
Hier soir, toujours en quête d’une maladresse,  j’ai parfaitement réussi mon coup.
Hier soir, c’était un des deux jours hebdomadaires où je m’accorde un baby. Oui, je bois. Du whisky. Et j’aime bien les bons whiskies. Les single malts du nord de l’Ecosse. C’est comme ça.
Celles de mes lectrices chéries qui font partie des ligues de tempérance me pardonneront j’en suis sûr.
Hier soir donc –admirez ce sens aigu de l’aporie-  j’étais en train de préparer le dîner, la sauce au poivre préparée la veille avec amour, talents et autres ingrédients indispensables était en train de chauffer doucement au bain-marie.
Une casserole d’eau chauffait pour cuire à la vapeur les petits légumes bio et le grill chauffait à la bonne température, de sorte que les steacks, « bio » s’il vous plaît, soient saisis quand le moment de les cuire arriverait.
J’ai servi un petit verre de vin à Heure-Bleue en apéritif, histoire de la faire patienter.
Puis je me suis alors servi ce « baby » tant désiré et ai posé la bouteille sur la petite table près de la fenêtre de la cuisine. Ce que je ne fais jamais. Vous aller savoir pourquoi.
L’eau s’est mise à bouillir. La vapeur à envahir la cuisine. Le drame se nouait vicieusement, secrètement et discrètement.
Je n’arrivais plus à voir mon journal. Je me suis levé, je suis allé à la fenêtre entrouverte et l’ai, sans plus faire attention, ouverte en grand.
Je me suis rappelé trop tard pourquoi rien d’autre n’était posé que cette petite plante  sur cette petite table. Le bas de la fenêtre à envoyé la bouteille de whisky sur le carrelage de la cuisine.
Pas plus surprise que ça, Heure-Bleue a demandé « Qu’as-tu encore cassé ? » et moi, effondré par la douleur d’une telle perte, d'autant que la bouteille était quasiment neuve, j’ai sangloté « ma bouteille de whisky ! »
Cette hyène a dit « Tant pis pour toi ! Tu n’en rachèteras pas maintenant ! »
Je me suis consolé en me disant que chez les Le-Goût-Heure-Bleue, on s’embourgeoise.
On lave par terre au single malt 15 ans d’âge.
On a les moyens ou on ne les a pas, hein…