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lundi, 23 décembre 2013

Laurent le Magnifique

Samedi soir, comme presque tous les samedi soirs, nous regardions, Heure-Bleue et moi, Laurent Delahousse nous conter les misères du monde.
Ce samedi, il en alla différemment. Il nous parla au début du journal de tous ces « tinenfants » qui allaient fêter Noël mais surtout de tous ces parents qui allaient faire grossir le bas de laine des fabricants de rêves de plastique.
Nous imaginions déjà des défilés de gamins attendrissants nous dire de leurs petites voix émouvantes combien ils avaient été sages et méritaient bien que le Père Noël claquât, rien que pour eux, l’équivalent du déficit de la Sécu.
J’avais déjà peur que les flots de guimauve dégoulinassent de mon écran et empêchassent définitivement le fonctionnement déjà erratique de cet antique téléviseur.
La guimauve s’arrêta rapidement de couler pour être remplacée par un flot de pognon.
C'est sûrement pour ça qu'on a inventé l'expression « tomber de Charybde en Scylla » je crois...
Au lieu de nous parler de la fête de Noël, truc censément porteur d’une bonne nouvelle, genre la naissance de notre sauveur à tous – sauf aux juifs, aux musulmans, aux communistes et autres pauvres-, notre Laurent laissa le crachoir à une armée de marchands qui nous noyèrent sous les pourcentages faramineux que représente la fête de Noël et tout le bien que ça leur fait.
Certains stakhanovistes du tiroir-caisse allèrent jusqu’à prétendre qu’ils réalisaient le 24 décembre jusqu’à 35% de leur chiffre d’affaire annuel.
Comme je les ai déjà entendu dire la même chose à l’occasion d’autres fêtes, j’en ai déduit qu’il ne foutaient rien de l’année, sauf les trois jours où ils étaient surchargés.
Comme toujours à les entendre, ils ne trimaient alors que pour le Trésor Public.
Du coup
je me suis donc demandé comment certains pouvaient être aussi gras…
Puis, un économiste –un économiste est quelqu’un dont le métier est d’expliquer que tous ceux qui travaillent gagnent trop et empêchent l’économie de bien marcher- un économiste donc, est venu nous donner le chiffre d’affaires astronomique de plus de trois milliards et demi d’€uros causé par l’arrivée du p’tit Jésus dans son étable et nous dire que c’était bon pour le pays.
C’est bien la première fois que l’arrivée d’un petit basané, moyen-oriental de surcroit, causait de la joie chez les Français de souche.
Bon, d’accord, à peine arrivé il était déjà sur la paille, mais quand même…
J’ai été scandalisé d’un bout à l’autre de ce journal.
Manifestement, toute célébration est devenue une messe en l’honneur de l’argent, une ode au dieu fric, une cérémonie en l’honneur ( !) de l’artiche, du blé, de la maille, du pognon, de la thune, du flouze, du grisbi, des talbins.
Pourtant on a même fait un opéra où on remarque que « le veau d’or est toujours debout » et que c’est pas bien du tout, surtout que « on encense sa puissance ».

Ben alors, Laurent !
On s’est fait acheter par Méphisto ?