jeudi, 09 janvier 2014
Tu te fondais à lui comme une neige au feu.
Il y a des choses, comme ça, qu’on n’arrive pas à oublier.
Des souvenirs de la douceur qui manque cruellement dans ce monde de brutes.
Cette douceur qui ravive des souvenirs d’une époque où on ne craignait pas grand’ chose si ce n’est une rebuffade ou une mauvaise note.
Cette envie soudaine qui vous prend sans que vous ne sachiez exactement d’où elle vient.
Celle qui vous serre le cœur et parfois la gorge.
Celle qui vous fait avaler difficilement votre salive quand par hasard vous la croisez.
Elle ne vous donne pas encore les mains moites ou le cœur battant, non, mais elle vous envahit petit à petit.
Elle vous fait oublier ce que vous êtes venu faire ou ce que vous cherchiez.
Vous errez alors dans les allées, le nez au vent à la recherche de ce qui vous a poursuivi votre jeunesse durant toutes ces fins d’après-midi où vous vous précipitiez pour allez la chercher.
Espérant qu’elle serait encore là, la dernière à vous attendre.
Même Heure-Bleue m’est sortie de l’esprit quand je l’ai vue.
Merveille m’a fait revivre de façon inattendue ces moments magiques avant-hier soir.
Nous étions dans les allées du Monop’ quand elle s’est précipitée en disant « Papy ! C’est là ! »
Elle avait retrouvé le rêve qui d’un seul coup, sans doute suscité par une fragrance évanescente, m’avait envie donné une envie furieuse de la dévorer du regard et des dents.
La fraise Tagada.
Elle en a pris un paquet et m’a dit « Tu ne mangeras pas tout, hein papy ! »
Comme si je pouvais résister à un truc qui, dès la première bouchée, vous retire cinquante ans au bas mot...
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