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samedi, 15 février 2014

My Valentine


 

Vous aviez l'habitude, lectrices chéries, des notes pétillantes d'intelligence, pleines d'esprit, parfois d'émotion quand ce n'est pas de poésie ?
Ça va changer.
Je n'ai rien à dire.
Que celle qui a crié « Il était temps ! » se taise !
Je n’ai hélas pas grand’ chose à vous dire, lectrices chéries. Même l’expo au Centre Pompidou ne m’a pas laissé de souvenir marquant.
La seule chose peut-être à constater, après le rendez-vous au BHV avec une blogueuse qu’on aime, c’est l’évolution de la société.
Le monde était déjà féroce, en plus il est devenu con…
Nous avions remarqué que, depuis que la direction du BHV avait changé, les employés étaient passés du statut de personnel qui fait son métier à celui de cheptel à surveiller.
Selon la logique du temps, le personnel était devenu, non une armée de vendeurs qui vaquaient à leurs occupations mais une bande de fainéants veillés par une armée de chefaillons gonflés de la maigre importance que leur donnait leur badge d’une couleur différente de celui de la piétaille.
Aucun ne semblant avoir remarqué qu’il était passé du stade d’humain sans autre signe distinctif que sa personnalité à celui de bétail étiqueté. Histoire de respecter « les normes de traçabilité » sans doute…
Nous avons donc pu après ces désespérantes constatations, vérifier une des dernières améliorations de la politique commerciale du BHV.
Dès qu’on y entre, une armée de vigiles à l’œil aux aguets vous donne l’impression d’avoir mis le pied par inadvertance au lieu de plus secret de la CIA.
Il y en a même un, que j’ai vu de mes yeux vu, alpaguer un type casqué équipé d’une corde et d’outils, à la fenêtre des toilettes du cinquième étage.
Lui demander d’un ton rogue « Qu'est-ce vous faites là monsieur ? »
Comme si le lascar avait grimpé en rappel la façade de l’immeuble pour voler une chemise…
Un peu interdit quand même, le type a dit « Ben, j’fais les carreaux ! »
Je sais maintenant que le BHV n’est plus un magasin où des vendeurs accueillent des clients mais un magasin où des fainéants accueillent des voleurs.
A part ça, lectrices chéries, ma vie est désespérément terne.
Comme tous les ans, le 14 février, « on » m’a dit « et ,n’achète pas de fleurs, tu vas encore te faire refiler des rogatons ! Ce voleur est capable de te vendre des roses de l’année dernière ».
Fort de ces recommandations, je n’ai rien dit, rien fait, rien acheté, seulement fait quelques courses accompagné d’une Heure-Bleue scandalisée par le prix de fleurs qui auraient été plus à leur place dans une poubelle que dans un vase.
En arrivant à la maison, elle m’a dit « Pfff… J’ai rien pour la Saint Valentin, même pas de fleurs… »
Je n’ai pas osé dire « Ah mais si ! Tu m’as moi, Minou ! » histoire de ne pas entamer une querelle idiote…
Et on s’étonne qu’il y ait plus d’une femme par semaine qui meurt sous les coups de son conjoint.
Qui n’a jamais si bien mérité ce nom…