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mercredi, 12 mars 2014

Vingt vies de ma parentèle...

Pour répondre à Berthoise, j'ai eu aussi mon lot de fondus dans la famille...
 
Celui qui avait une chaîne monophonique Clément quand personne n’avait de chaîne hi-fi.
Celle qui lavait les œufs à l’eau de Javel parce que « le cul des poules, c’est sale ».
Celle qui avait été récupérée par mon père, pendant la bataille de Monte Cassino, soignant des bébés morts depuis trois jours.
Celui qui avait jeté trois gendarmes dans le Tarn pour éviter la cellule de dégrisement.
Celui qui s’est tapé cinquante-trois mois de campagnes guerrières …
Celle qui croyait qu’entrer dans un monastère lui éviterait de travailler.
Celle qui s’est mariée tous les dix ans avec des garçons de vingt ans.
Celle qui a été trois fois veuve.
Celle qui est partie toute seule voir sa fille au Canada à plus de quatre-vingts ans.
Celui qui s’est suicidé pour échapper à l’alcoolisme.
Celle qui prenait l’hôpital pour un hôtel gratuit. Elle allait y faire un tour quand elle s’ennuyait.
Celui qui voulait aller faire la guerre en Indochine et fut un moment videur à « La Boule Rouge ».
Celui qui voulait être steward et finit restaurateur à Tahiti.
Celui qui fit quelques jours de prison en 1962 pour cause de graffiti pro-OAS.
Celui faisait éclusier pour améliorer sa retraite et en éclusait les revenus…
Celle qui pensait qu’on enterrait les gens vivants.
Celle qui nous racontait des histoires berrichonnes effroyables le soir devant la cheminée.
Celle qui, jeune mariée, a cru que son mari l’emmenait pour la vendre.
Celle qui s’est mariée le même jour devant le maire, puis le rabbin, puis le curé avec le même mari.
Celle qui croyait que pour inséminer les vaches, on leur faisait une piqûre dans la cuisse…